Patrimoine

Un monument de charme et d’élégance : Zévallos



Classée aux Monuments Historiques en 1990, la demeure est destinée à s’ouvrir au public.

Le visiteur s’attarde immanquablement sur cette délicate maison revêtue de fer forgé, de bois et de briques roses. Majestueuse avec ses galeries soutenues par de graciles poteaux métalliques, issus des ateliers de Gustave Eiffel, et bordées de fines balustrades, la belle demeure s’offre aux regards, en bord de route, entre Saint-François et le Moule.

Intérêt historique et architectural

Cette merveille d’architecture coloniale du milieu du XIXe siècle fait partie du patrimoine d’une usine sucrière du Moule, fondée par le comte Hector Parisis de Zévallos et classé en septembre 1990. Des vestiges de cette usine, il reste la cheminée cylindrique de 18 mètres de hauteur, des pans de moulins et des rails de chemin de fer, également classés, qui attendent d’être préservés des affres du temps. La maison de maître est une pièce unique, à l’image du musée Saint John Perse. Les tuiles d’origine ont été remplacées à la fin du XIXè siècle sans affecter son originalité architecturale. Elle a survécu au passé grâce à la vigilance de ses propriétaires successifs.

Par amour du patrimoine

Elle est surnommée « la maison hantée » en raison de croyances tenaces – on raconte que des esclaves y auraient été assassinés lors d’une émeute et que certains perçoivent leurs plaintes –. La légende n’a pas découragé les propriétaires qui préparent une destinée publique à la demeure inhabitée. C’est en tout cas le souhait de l’actuel propriétaire, René Debibakas, dit Rosan. Cet ancien entrepreneur âgé de 68 ans a racheté au Dr Roche, il y a cinq ans, la maison et les deux hectares attenant qu’il convoitait depuis près de 30 ans. Par goût pour la chose bien faite et par un amour immodéré pour le patrimoine guadeloupéen. N’a-t-il déjà racheté et rénové la distillerie Delisle, à Petit-Canal ? « Tout ce qui est ancien a de la valeur » souligne ce passionné.

Bienvenue dans la “maison hantée”

Au-delà de la valeur patrimoniale du domaine, l’état de classement oblige le propriétaire à faire face à de lourdes contraintes financières. Les volumes de fonds dédiés aux Monuments historiques s’amoindrissent. Mais l’Etat est plus généreux dès lors que les bâtiments classés sont ouverts au public. Et les profits retirés des visites permettent de les réinvestir dans la rénovation. Ces critères prévalent dans le choix de la famille Debibakas d’ouvrir le domaine au public « dans les meilleurs délais ». Mais elle se heurte à la lenteur des procédures alors que des opérations urgentes de sécurisation, notamment de la cheminée, sont indispensables et que des travaux de restauration sont nécessaires. Le projet est à l’étude à la Direction régionale des Affaires culturelles. Alors, la maison de Zévallos pourra entamer une deuxième vie et dévoiler enfin au public les mystères qu’elle cache derrière ses volets clos. Déjà, la maison peut être louée à la journée ou pour la soirée.