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Tsunami : un risque réel sur nos côtes
Un réseau régional des systèmes d’alertes est en cours de création et la gestion du risque tsunami reste à organiser.
Si le tsunami ravageur qu’a connu l’Indonésie
en 2004 a révélé que le phénomène peut affecter
les terres de l’Hexagone et des régions d’outre-
mer, celui que vient de vivre le Japon avec
une rapidité inouïe, impose de passer à la vitesse
supérieure des plans d’alerte et de secours dans
nos îles. Certes, le Pacifique enregistre les raz
de marée les plus importants et les plus dévastateurs
mais on sait qu’un séisme suivi d’un tsunami
peut se produire aux Antilles.
Menace régionale
Un rapport du BRGM publié en 2007, effectué
sur la base d’un historique, d’études de cas
et de simulations (à lire sur plan.seisme.fr), montre
qu’un tsunami, consécutif à un séisme localisé
dans les petites Antilles ou qui provoquerait
l’effondrement d’un volcan, pourrait
menacer les populations riveraines de quelques
minutes à 20 minutes, selon les cas.
Le phénomène de houle de janvier 2010 a
relancé le débat sur la nécessité de mettre en
place des procédures d’alerte et d’évacuation
des populations, rapides et efficaces.
Le récent exercice de simulation au risque de
tsunami a montré que l’alerte descendante s’effectue
en 25 minutes.
Faiblesse des systèmes d’alerte
Dans son rapport sur la gestion des risques naturels,
en février dernier, la Cour des Comptes
relève les faiblesses des systèmes d’alerte tsunami : « le déploiement d’un système opérationnel
des réseaux d’alerte est embryonnaire dans
les Dom. L’IPGP y contribue grâce à ces deux
observatoires mais la situation n’est pas satisfaisante
en raison de l’insuffisance des équipements
(…) »
Cette impréparation peut-elle favorablement
évoluer ? 28 pays et dépendances du bassin caribéen
ont acté la création du Programme d’alerte
aux tsunamis pour la Caraïbe préfigurant le
futur centre régional d’alerte aux tsunamis à
Porto-Rico. Les Observatoires volcanologiques
et sismologiques de Guadeloupe et de
Martinique prévoient d’installer, d’ici à fin
2011, 6 marégraphes et 14 stations sismologiques
répartis sur les îles de l’arc Antillais, dont
4 en partenariat avec le Seismic Research Center
de l’Université des West Indies de Trinidad
et Tobago.
A SAVOIR
La Caraïbe dépend du centre d’alerte de
Hawaii,chargé de prévenir de toute activité
sismique qui pourrait déclencher un tsunami.
Les sismomètres installés en Guadeloupe
envoient leurs données en temps réel à ce
centre.Les informations sont ensuite transférées
à Météo France qui les diffuse à la Préfecture.
Les procédures d’alerte vers la
population restent à organiser entre l’Etat,
les collectivités et les communes chargées
notamment de l’installation des sirènes.
Pour l’heure,une secousse longue est le signe
qu’il faut s’éloigner des côtes et gagner les
hauteurs.
n° 60 du 31/03/2011