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Qu’entend-on par décence d’un logement ?
Pour pouvoir être mis en location, un logement doit correspondre à des normes de décence définies par la loi.
Pour protéger le locataire, la loi (J.O. du
30/01/2002) prévoit que le bailleur doit lui
remettre un logement vide ou meublé décent,
c’est-à-dire sans risques pour sa sécurité physique
ou sa santé et doté des éléments de confort
qui le rendent conforme à l’usage d’habitation.
Caractéristiques
Le propriétaire doit assurer la protection contre
les eaux de ruissellement, les remontées ou infiltrations
d’eau, le bon état des dispositifs de retenue
de personnes dans le logement et ses accès
(escaliers, balcons, balustrades), l’utilisation de
matériaux de construction, de canalisations et
de revêtements sans risques pour la santé et la
sécurité physique des locataires.
Un logement décent se caractérise également
par :
- au moins une pièce principale (surface habitable
minimale de 9 m2 et hauteur sous plafond
d’au moins 2,20 m, ou volume habitable d’au
moins 20 mètres cubes).
- des réseaux et branchements d’électricité et de
gaz ainsi que des équipements de chauffage et
de production d’eau chaude conformes aux
normes de sécurité réglementaires,
- des dispositifs d’ouverture et de ventilation permettant
le renouvellement de l’air, un éclairement
naturel suffisant pour les pièces principales
(destinées au séjour ou au sommeil),
- une installation permettant un chauffage normal
avec dispositif d’alimentation en énergie et
d’évacuation des produits de combustion, une
cuisine ou un coin cuisine permettant d’utiliser
un appareil de cuisson et comprenant un évier
alimenté en eau chaude et froide,
- une installation sanitaire intérieure au logement
séparée de la cuisine, comprenant un w.-c. et un
équipement pour la toilette ( baignoire ou douche)
- un réseau électrique permettant l’éclairage
suffisant de toutes les pièces et des accès ainsi
que le fonctionnement des appareils ménagers
indispensables au quotidien.
Si le logement ne satisfait pas aux conditions de décence, le locataire peut demander au propriétaire sa mise en conformité, saisir la commission départementale de conciliation ou requérir devant le tribunal.
Habitat décent ou habitat indigne ?
La lutte contre l’habitat insalubre et indigne est
une priorité nationale. Cette notion ne recouvre
pas les logements inconfortables ou non
décents mais les logements, immeubles et locaux
insalubres, menaçant ruine, hôtels meublés dangereux,
habitats précaires, dont la suppression
ou la réhabilitation relève des pouvoirs de police
administrative exercés par les maires et le préfet.
10 000 logements insalubres sont estimés dans
les communes de Guadeloupe qui font l’objet
d’opérations groupées. La réalité est beaucoup
plus alarmante puisque ce nombre pourrait être
proche de 30 000, mettant en cause la santé et
la sécurité des occupants.
Le colloque sur l’habitat insalubre et indigne qui
a mobilisé les acteurs locaux du logement début
avril, est un premier pas en vue de la création
d’un pôle départemental de lutte contre l’habitat
indigne associant la DEAL, l’ARS et les collectivités,
pour y remédier.
n° 61 du 28/04/2011