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Plan séisme aux Antilles
« La prévention du risque est l’affaire de chaque instant »
La semaine « Sismik » a été le point d’orgue du Plan séisme Antilles 2008. Explications avec Guillaume Steers, chargé de mission sur les risques naturels à la Direction régionale de l’Environnement.
Quel est l’objectif de la campagne de sensibilisation
au risque sismique ?
L’acuité du risque sismique en Guadeloupe a poussé
l’Etat à consentir, ces dernières années, d’importants
efforts en vue de développer la culture du risque,
d’informer et de préparer les
populations.
Depuis leur lancement en novembre 2005, ces
actions d’information et de sensibilisation au risque
sismique, sont intégrées dans le Plan Séisme
(www.planseisme.fr).
Dans la continuité de cet effort d’information et de
prévention, la direction régionale de l’Environnement
et la préfecture de Guadeloupe ont mis en
oeuvre « La semaine Sismik » au sein du Groupe de
Projet Local sur le risque sismique. Il s’agit d’une
organisation similaire à la semaine « Replik » organisée
en Martinique en 2006 et 2007. La semaine
« Sismik » est destinée à devenir récurrente en Guadeloupe.
Elle est le point d’orgue des autres démarches
ponctuelles. En effet, la prévention du risque
sismique est l’affaire de chaque instant.
En quoi consiste le plan séisme ?
L’objectif du Plan séisme « national » (2005-2010)
est de réduire la vulnérabilité des personnes et des biens
aurisquesismique. Il comportequatrechantiers : mieux
former, informer et connaître le risque ; améliorer la
prise en compte du risque sismique dans les constructions
; concerter, coopérer et communiquer ; contribuer
à la prévention du risque de tsunami. Il est mis
en oeuvre localement sous le pilotage du préfet au
travers du GPL et animé par la DIREN.
En janvier 2007, compte tenu du risque nettement
plus fort aux Antilles et de l’importance des actions
à conduire, l’Etat a créé un plan spécifique pour la
Guadeloupe et la Martinique, appelé « Plan Séisme
Antilles ».
Ce plan liste les actions qui sont pilotées par l’Etat,
parce que celui-ci assume ses responsabilités en matière
de gestion de crise, qu’il est propriétaire de bâtiments
ou infrastructures dont il doit assurer la sécurité et
qu’il apporte enfin un financement majeur à des opérations
que les collectivités territoriales, maîtres d’ouvrage,
ne peuvent prendre en charge à hauteur suffisante.
Qu’implique-t-il en terme de construction
?
L’un des objectifs du Plan Séisme est d’informer la
population sur les normes de constructions parasismiques
qui vont bientôt évoluer avec l’application
de l’Eurocode 8 et sur l’obligation de construire
en se conformant à celles-ci. Ce n’est pas le séisme
qui tue, mais les bâtiments qui s’écroulent sur leurs
occupants, et pour pallier à cela, la seule parade est
de
construire dans le respect ces règles.
Le Plan vise également à la formation des professionnels
de la construction. Ce travail sur la formation
est, depuis l’été 2008, orchestré par le comité
de pilotage du renforcement de la formation en génie
parasismique en Guadeloupe.
Des études sont également menées pour permettre
de mieux prendre en compte le risque sismique
dans les constructions. Il s’agit, par exemple, des études
de microzonage sismique qui permettent d’adapter
au mieux les règles de constructions à la réalité
du terrain et à la réponse du sol sous sollicitation sismique.
Concernant les actions sur le bâti, des diagnostics et
travaux sont en cours et programmés sur
nombres de bâtiments et infrastructures publics, les
priorités étant principalement mises sur les bâtiments
de gestion de crise et les établissements scolaires, mais
également sur les établissements de santé et le logement
social.
A SAVOIR
L’étude du BRGM réalisée en 2008 à la
demande de l’Etat confirme que le risque de
tsunami pouvant causer des dommages,bien
que rare,existe dans toutes les Antilles françaises.
Pour se préparer à un tel risque en
Guadeloupe, les services de l’Etat ont conçu
une plaquette pour informer chacun du risque
de tsunami et des actions qui peuvent
sauver. (L’étude est consultable sur le site
www.planseisme.fr)
Le budget consacré par la DIREN en 2008 aux
actions d’information et de formation dans
le domaine du risque sismique est d’environ
600 K€.
n°32 du 27/11/08