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Indivision : comment la contourner ?
Les problèmes d’indivision de terrains bâtis ou non bâtis sont légion. Les règles ont été assouplies pour lever des barrières à ces situations inextricables.
Terrains occupés sans titre, logements indivis immobilisés, dégradations des biens, etc. : les situations d’indivision sont diverses aux Antilles mais toujours complexes à débloquer car les problèmes de succession s’amplifient au fil des générations. A tel point que dans certains cas, le partage n’est plus possible et qu’il ne reste comme solution aux héritiers que la vente des biens.
Partage amiable ou vente forcée
« Nul ne peut être contraint à demeurer dans
l’indivision » précise l’article 815 du code civil.
Le partage amiable est la solution la plus sage,
d’autant plus que la réforme de l’héritage, en
vigueur depuis le 1er janvier 2007, permet d’alléger
les droits de successions. Mais en cas de
mésentente, le partage judiciaire peut être tranché
au tribunal. Depuis la loi du 12 mai 2009,
et sous certaines conditions, la vente aux enchères
d’un bien indivis peut être autorisée par le
juge à la demande des indivisaires détenant 2/3
des droits, afin de régler les créances.
Prescription trentenaire
Ceux qui jouissent de longue date d’une parcelle
et qui souhaitent faire construire doivent
produire un titre de propriété pour avoir accès
aux aides à l’accession. Ils ne possèdent pas toujours
ce document. Pour acquérir ce droit, une
des procédures est la prescription trentenaire
mais elle n’est pas systématique. Les demandeurs
doivent prouver qu’ils occupent les lieux
de façon discontinue depuis trente ans et que
cette occupation a un caractère paisible, public,
sans équivoque et reconnue par le voisinage.
Ils sont invités à fournir au notaire toute pièce
justificative : impôts fonciers, inscription à la
matrice cadastrale, par exemple. L’existence
d’une clôture, d’un mur est un autre élément
à prendre en compte pour matérialiser la limite.
Associée à cette démarche, l’intervention d’un
géomètre permet d’éviter toute contestation
ultérieure.
Mobiliser les logements vacants
L’indivision peut être une entrave à la mise en
location de logements vacants. Depuis 2007,
l’unanimité des co-indivisaires n’est plus requise
pour gérer un bien en indivision. La majorité
des 2/3 suffit pour décider des actions de gestion
courante relatives à l’indivision.
La Lodeom* y ajoute une spécificité. Le champ
d’action de l’un des co-indivisaires est étendu
à la réalisation de travaux d’amélioration, de
réhabilitation et de restauration de l’immeuble
indivis ainsi qu’à la possibilité d’accomplir
les actes d’administration et les formalités
nécessaires ayant pour seul objet la mise en location
du logement à titre de résidence principale.
Le bien indivis doit être inoccupé depuis
plus de deux années civiles. L’indivisaire doit
avoir été désigné mandataire successoral dans
les conditions prévues aux articles 813-1 et suivants
du code civil.
*Loi pour le développement économique des outremers du 27 mai 2009
n° 49 du 22/04/2010