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Acheter en union libre
En matière immobilière, les concubins sont plus exposés que les couples mariés ou pacsés en cas de séparation ou de décès. Des dispositions existent pour se protéger.
Les biens immobiliers des personnes mariées sont
encadrés par un dispositif fiscal et juridique.
Quant aux couples pacsés, leurs situations s’est
améliorée depuis 2007 avec la loi Engagement
national pour le Logement (ENL).
Au regard de la loi, les concubins sont totalement
étrangers l’un à l’autre, ce qui peut générer
des situations complexes. S’ils ne prennent
pas de disposition, seul celui qui figure dans l’acte
authentique sera considéré comme propriétaire.
L’autre ne dispose d’aucune protection en
cas de séparation ou de décès, même s’il a participé
financièrement au bien. Avant une opération
d’achat, il est pertinent de demander
conseil à un notaire.
Indivision
L’achat en indivision entre concubins est la
forme la plus classique. Vous êtes propriétaires,
soit à part égale, soit en fonction de votre contribution
à l’acquisition. La répartition est inscrite
dans l’acte de propriété. En cas de séparation,
l’accord du conjoint est obligatoire pour vendre
à l’amiable. Lors du décès de l’un d’eux, ce
sont les héritiers du défunt qui deviennent propriétaires
de sa part, à moins que vous ayez
prévu de léguer, par testament, votre quote-part
ou l’usufruit de vos parts, dans le respect des droits
des héritiers réservataires. Il reste que les transmissions
entre concubins sont lourdement taxées
(60% après abattement de…1500 euros)
SCI et tontine
Sous le régime de la société civile immobilière,
les concubins deviennent associés à hauteur de
leur apport. C’est la SCI qui devient propriétaire
du logement : vous êtes l’un et l’autre
locataires ou occupants à titre gratuit de la
société et responsables des dettes de la SCI, proportionnellement
à votre quote-part.
En cas de décès de l’un des associés, les statuts
peuvent prévoir que la société sera dissoute ou
qu’elle continuera avec le seul associé survivant.
Ce dernier peut racheter aux héritiers la valeur
de leurs parts.
Sous ce statut protecteur, l’acquisition d’un
logement en SCI ne peut pas, en revanche,
bénéficier des avantages accordés aux personnes
physiques qui acquièrent leur résidence
principale. Les associés ne peuvent prétendre ni
au prêt à 0%, ni à des réductions d’impôt pour
intérêts d’emprunt ou travaux, ni utiliser leur
plan d’épargne logement pour l’acquisition.
Rare en pratique, la tontine incluse dans l’acte
de vente, permet d’avantager son partenaire en
cas de décès, quelle que soit sa part versée lors
de l’achat. Mais en cas de mésentente, cette formule
peut s’avérer fort contraignante.
n° 44 du 26/11/2009