Accueil du site > Dossiers > Financement - Investissement > Renégocier son prêt : bon ou mauvais plan ?

Renégocier son prêt : bon ou mauvais plan ?



Les taux ont baissé. Faut-il tenter une renégociation ou un rachat de crédit ? Ces démarches sont-elles dans l’intérêt de l’emprunteur ?

La baisse des taux du crédit peut donner des velléités aux emprunteurs qui souhaiteraient profiter de cette baisse pour renégocier leur prêt. En fonction du stade de remboursement du crédit, cette opération ne produit pas les mêmes effets.

Renégocier ou racheter ?
Renégocier son crédit consiste à rembourser un crédit à taux fixe existant et à le remplacer par un nouveau crédit, à un taux moins élevé, ou sur une durée plus courte, auprès de votre établissement bancaire. Si vous changez de prêteur, il s’agit alors d’un rachat de crédit qui impose la mise en place d’un nouveau prêt avec une nouvelle garantie.
Rien de plus naturel pour un emprunteur de profiter de la conjoncture pour tenter de faire baisser ses mensualités ! Mais les banques mégotent pour accorder ces facilités. En prenant un risque sur un prêt à taux fixe, elles préfèrent logiquement que le prêt aille à son terme.
Toutefois, si votre banquier prête une oreille attentive à vos sollicitations et consent un geste pour vous garder, n’espérez pas décrocher un taux à la hauteur de ceux qui sont actuellement pratiqués. Le contrat de prêt peut aussi interdire les remboursements égaux ou inférieurs à 10% du montant initial du prêt.
Toute baisse des taux est bonne à prendre à condition… d’y gagner. L’opération est-elle judicieuse ? « Une renégociation ou un rachat de crédit n’est intéressant que si vous vous situez dans la première moitié, voire le premier tiers de votre emprunt », explique un courtier en prêt.
C’est en effet au cours de cette période que sont concentrés les intérêts.

Couvrir les frais
Faire jouer la concurrence ? L’opération peut être risquée car changer de banque entraîne de nombreux frais. Pour que le rachat de prêt soit intéressant, il faut que la différence entre le coût global de l’ancien crédit et le nouveau prêt couvre les frais.
Or, la loi a réglementé la pratique du rachat de crédit : elle a prévu des pénalités de remboursement anticipé et a fixé un montant maximum. Ainsi les banques peuvent se rémunérer dans le cas où un crédit est remplacé par un crédit dans une autre banque. Il faut en tenir compte dans les calculs et considérer trois points clés.
Pénalités de remboursement : ils correspondent à six mois d’intérêt avec un maximum de 3% du capital restant dû.
Garanties : une nouvelle garantie devra être constituée. Comptez entre 0,6% et 2% du montant à refinancer, selon les options : hypothèque ou caution.
Frais de rachat : le nouvel établissement facturera des frais de dossier, pouvant atteindre 1% du capital emprunté mais ceux-ci sont négociables.
Avant de vous lancer, faites vos comptes !

n° 48 du 25/03/2010