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Le prêt à taux zéro expliqué par l’ADIL
PTZ doublé : un nouveau souffle pour l’accession
Le prêt à taux zéro (PTZ) doublé est une mesure limitée dans le temps. Elle est applicable du 15 janvier 2009 au 31 décembre 2009 et concerne exclusivement la construction ou l’acquisition d’un logement neuf situé en métropole et dans les DOM. Martine Poujeol-Leon, directrice de l’ADIL*, nous en dit plus.
Quel est le principe du PTZ ?
Le montant maximum du PTZ est augmenté.
Il s’agit du montant de base du PTZ, mais également
du montant des plafonds d’opération
retenue. Les durées de remboursement sont allongées.
Le PTZ est accordé sous conditions de ressources
, réservé aux primo-accédants ou assimilés,
respecte des barèmes dépendant de la
localisation (zonage), et son montant est plafonné.
Ce doublement du PTZ dans le neuf concerne
aussi bien les prêts à 0% « classiques », applicables
dans les DOM et la métropole, que le prêt
à 0% spécifique DOM, réservé exclusivement
aux accédants modestes, dont les ressources sont
bien inférieures aux ressources ouvrant droit au
PTZ classique.
Quels sont ses avantages ?
Le PTZ doublé permet d’emprunter plus qu’au
taux du marché. Il équivaut donc à une subvention
d’un montant égal à ce surplus de financement.
Cette subvention implicite est d’autant plus
élevée que le différé d’amortissement est plus
important et que la durée de remboursement est
plus longue. L’avantage supplémentaire équivaut
donc à une baisse du taux moyen de l’ensemble
des prêts de l’ordre d’un point. L’effet est
d’autant plus notable que l’apport personnel de
l’accédant est plus élevé.
Pourquoi ce dispositif est-il peu distribué
sur le département ?
Son mécanisme complexe implique une forte
implication de la part des principaux intéressés.
Depuis son lancement en métropole en 1995
(1997 dans les DOM), le PTZ n’a cessé de subir
des modifications et des adaptations afin de
mieux répondre aux besoins de la population, mais
également de solvabiliser les accédants. Les réglementations
ont changé, parfois se sont superposées,
et diversifiées. Il faut passer du temps, décoder
les textes. C’est ce que nous faisons à l’ADIL.
Aujourd’hui, il existe un PTZ classique (pour les
DOM et la métropole) avec des variations selon
que l’on construit dans le neuf ou dans l’ancien,
selon la zone géographique à laquelle on appartient
; un PTZ spécifique pour les DOM avec,
là encore, des particularités, et un PTZ majoré
avec l’aide des collectivités locales.
Il faut souligner que ce dispositif d’accession
sociale a toute son utilité dans un département
comme le nôtre. Le PTZ permettrait à bon nombre
de familles, s’il était plus largement utilisé, de
réaliser un véritable parcours d’accession à la propriété.
Quels conseils pourriez-vous donner
à ceux qui veulent s’engager
dans un projet d’acquisition ?
Il faut bien préparer son projet d’accession. On
ne s’improvise pas maître d’ouvrage du jour au
lendemain ! C’est une démarche de longue haleine,
semée d’embûches, qui implique de lourdes conséquences
financières, mais aussi morales et matérielles
sur la vie de la famille. Bien préparer son
accession c’est aussi se constituer un apport personnel
: cet élément reste essentiel. Il permet, en
fonction de son montant, de négocier le taux d’intérêt,
et contribue à instaurer un climat de confiance
entre l’emprunteur et son banquier.
* Association départementale d’information pour le logement
_ 1 Le montant de base du prêt à taux zéro est égal au plus
petit résultat des deux calculs suivants :
-100% (contre 50% auparavant du montant du ou des autres
prêts, d’une durée supérieure à 2 ans, concourant au financement
de l’opération.
-30% (contre 20% auparavant) du coût de l’opération pris
en compte dans la limite d’un prix maximal qui varie en
fonction de la taille de la famille, de la localisation géographique
du logement et du caractère neuf ou ancien de
l’opération. Ce taux est encore augmenté dans les zones
franches urbaines et dans les zones urbaines sensibles.
2 Les plafonds de ressources ouvrant droit au PTZ doublé
restent identiques.
A SAVOIR
L’ADIL informe gratuitement le public
notamment dans les domaines des prêts,
des aides et des subventions. L’association
propose un diagnostic financier « sur
mesure », offre des conseils juridiques
éclairés : son indépendance est le gage
de sa neutralité.
n°37 du 30/04/09