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Emprunter sans apport, c’est encore possible
La politique du risque diffère d’une banque à l’autre. Dans cette période d’immobilisme, des banques jouent la confiance.
Les bourses dévissent, la récession a lessivé les établissements financiers porteurs de produits « toxiques » et la BCE, comme la FED, réduisent leur taux directeurs pour permettre de relancer l’économie et le crédit. Dans un contexte plus favorable à l’immobilisme qu’à l’action, l’immobilier est à la peine malgré des dispositifs nouveaux d’incitation à l’acquisition, comme le tout nouveau prêt à taux zéro doublé. « Les banques resserrent la vis », « le problème de l’accession à la propriété, ce sont les banques… » entend-on régulièrement depuis le début de la crise financière.
Politique du risque maîtrisé
Et si les conditions d’accès au crédit étaient
plus nuancées ? « Jusqu’au déclenchement de la
grève en Guadeloupe, nous n’avons senti aucun
ralentissement des demandes de crédits immobiliers,
que ce soit pour la construction d’une maison
ou l’acquisition d’un bien. C’était comme
si la crise ignorait la Guadeloupe » assure Nawar
Khoury, responsable du pôle immobilier de
la BDAF. « Notre politique de risque n’a pas
changé. Elle repose, depuis plusieurs années, sur
une négociation bien maîtrisée. Nous n’avons pas
fermé les robinets et les dossiers de demande de
prêt passent encore mieux lorsqu’ils sont garantis
par une caution. Notre slogan « devenir propriétaire
sans apport et sans hypothèque est toujours
d’actualité. Nous appliquons la même
politique d’octroi de prêt. »
« Besoin de crédits »
La politique du risque diffère selon la structure
des établissements financiers. A la BDAF,
par exemple, elle repose sur la solvabilité des
emprunteurs analysée au cas par cas. L’organisme
table aussi sur la rapidité de décision de
l’offre bancaire, « une semaine au plus tard » .
Si le risque est calculé, la confiance reste de
mise dans un établissement fortement impliqué
dans le développement de sa région.
Même après la grève. « Nous avons besoins de
crédits » indique M. Khoury, expliquant que
la BDAF comptait parmi les trois ou quatre
banques de la place qui distribuent le prêt
conventionné à 0%.
Reste que les réductions successives du taux
directeur de la BCE se répercutent moins
vite et dans des proportions moindres sur les
taux du crédit immobilier. « Les taux interbancaires*
n’ont pas autant diminué »
confirme M. Khoury. Récemment, les taux
du crédit ont un peu baissé ( de 0,25 à 0,5
point) et la baisse inédite à 1,5% du taux directeur
de la BCE, ce mois-ci, permet aux
emprunteurs d’espérer une nouvelle décrue
des coûts du crédit dans les prochains mois.
* Taux interbancaires : taux par lesquels les banques se prêtent entre elles.
n°36 du 26 mars 2009