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Emprunter : les conditions se durcissent

Les banques resserrent la vis



La Guadeloupe n’échappe pas aux difficultés financières. Les banques sont beaucoup plus regardantes sur la qualité du dossier de l’emprunteur.

La crise financière qui affecte les banques et les remontées successives des taux du crédit ont impacté les conditions de financement des prêts immobiliers dans nos régions. Même le quart de point concédé par la Banque centrale européenne (BCE) qui a ramené de 4% à 3,75% son taux directeur, le mois dernier, ne pourrait enrayer, dans l’immédiat, le processus.

5,80% en moyenne sur 25 ans
« Les banques resserrent les boulons à fond  » prévient un représentant d’une des sociétés de courtage de la place. « Elles ont du mal à prêter les frais annexes. En conséquence, le prêt à 110% est refusé de même que les dossiers sensibles, c’est-à-dire lorsque les 33% de la capacité d’endettement de l’emprunteur sont dépassés. »
Avec la remontée des taux du crédit, emprunter est devenu problématique pour les acquéreurs potentiels. Selon ce professionnel, en un an, les taux d’emprunt offerts sur le département ont grimpé de 1 à 1,5 points, atteignant en moyenne, miseptembre, 5,80% hors assurance sur 25 ans. Si des prêts à 5,35% pouvaient encore être négociés jusqu’à fin septembre, il ne se montre guère optimiste : les taux pourraient atteindre 6% à très court terme.
Autre phénomène : les banques se mettent à labri d’un retournement du marché en évitant de faire appel à l’hypothèque au bénéfice du cautionnement. Quant à la garantie du prêt, il semble que les cotisations des délégations d’assurances sont restées stables. Pour l’instant.

La part du risque
Dans ce contexte peu favorable « les banques sont de plus en plus réticentes par rapport au calcul du risque » note, pour sa part, la responsable d’une autre société de courtage spécialisée dans le rachat de crédit. «  Tout dépend du type de crédit sollicité. Dans notre créneau, nous n’avons pas ressenti de difficultés particulières. Les prêts immobiliers et les prêts personnels pâtissent davantage de la situation. En matière de prêt immobilier, les banques réclament généralement 20% d’apport alors qu’elles consentaient plus facilement un crédit total auparavant.  »
Quant aux emprunteurs, ils seraient plutôt enclins à faire le gros dos en attendant des jours meilleurs. « La crise affecte le moral des ménages et modère la consommation  » observe notre interlocutrice. Les banques qui freinent + des emprunteurs fantômes  : l’équation à résoudre est décidément un vrai casse-tête !

n°31 30/10/08