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Crédit : faut-il renégocier son prêt ?
Les taux sont au plus bas. Il est tentant de renégocier ou racheter son crédit. Faut-il tenter une renégociation ou un rachat de crédit ? A quel prix ?
Les taux du crédit ont atteint une baisse record – qui n’est qu’éphémère – et peuvent inciter les
emprunteurs qui souhaiteraient en profiter pour
renégocier leur prêt. En fonction du stade de remboursement
du crédit, cette opération ne produit
pas les mêmes effets.
Renégocier ou racheter ?
Renégocier son crédit consiste à rembourser un
crédit à taux fixe existant et à le remplacer par un
nouveau crédit, à un taux moins élevé, ou sur une
durée plus courte, auprès de votre établissement
bancaire. Si vous changez de prêteur, il s’agit alors
d’un rachat de crédit qui impose la mise en place
d’un nouveau prêt avec une nouvelle garantie.
Rien de plus naturel pour un emprunteur de
profiter de la conjoncture pour tenter de faire baisser
ses mensualités ! Mais les banques lésinent à
accorder ces facilités. En prenant un risque sur un
prêt à taux fixe, elles préfèrent logiquement que
le prêt aille à son terme. Toutefois, si votre banquier
consent un geste pour vous garder, il n’est
pas certain que vous décrochiez un taux à la hauteur
de ceux qui sont actuellement pratiqués
(moins de 4%). Le contrat de prêt peut aussi interdire
les remboursements égaux ou inférieurs à 10%
du montant initial du prêt.
Couvrir les frais
Qui ne tente rien n’a rien mais à condition… d’y
gagner. L’opération est-elle judicieuse ? Les experts
sont unanimes : une renégociation ou un rachat
de crédit ne sont intéressants que si vous vous situez
dans la première moitié, voire le premier tiers de
votre emprunt. C’est en effet au cours de cette
période que sont concentrés les intérêts. Autre facteur
prépondérant : la différence des taux entre le
prêt en cours et le nouveau prêt ne doit pas être
inférieure d’ 1 à 1,5 points sur la durée restante de
l’emprunt.
Faire jouer la concurrence ? L’opération peut être
risquée car changer de banque entraîne de nombreux
frais. Pour que le rachat de prêt soit intéressant,
il faut que la différence entre le coût global
de l’ancien crédit et le nouveau prêt couvre les frais.
Ces frais sont réglementés lors du rachat de crédit
: la loi a prévu des pénalités de remboursement
anticipé et a fixé un montant maximum.
Ainsi les banques peuvent se rémunérer dans le
cas où un crédit est remplacé par un crédit dans
une autre banque.
Trois points clés
Avant de se lancer dans un rachat de crédit, il
faut considérer les paramètres suivants :
-Pénalités de remboursement : ils correspondent
à six mois d’intérêt avec un maximum de
3% du capital restant dû.
-Garanties : une nouvelle garantie devra être
constituée. Comptez entre 0,6% et 2% du montant
à refinancer, selon les options : caution ou
hypothèque
-Frais de rachat : le nouvel établissement facturera
des frais de dossier, pouvant atteindre 1%
du capital emprunté mais ceux-ci sont négociables.
n° 58 du 27/01/2011