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Construction : le marché au ralenti
« Une baisse significative mais des opportunités s’ouvrent »
Le marché de la construction est-il rattrapé par la crise ? Réponse avec Patrice Lasnier, président de l’Union des Maisons Françaises de la Guadeloupe.
Le marché de la construction est-il
aussi sinistré qu’en métropole ?
Les signes de ralentissement sont identiques à
ceux de la métropole. Si l’activité bâtiment se
maintient actuellement, nous en sentirons les
effets au premier semestre 2009. Car l’activité
commerciale, par rapport à l’an dernier, est en
baisse de 20 à 30% suivant les entreprises. Et
nous avons constaté une diminution très importante
de près de 50% de nos prospects, des gens
qui envisagent de faire construire et qui s’adressent
spontanément aux constructeurs.
Quelles en sont les raisons ?
Comme la majorité des Français, les acquéreurs
potentiels sont inquiets. Ils se posent des questions.
Les salariés se demandent s’ils ne vont pas
perdre leur emploi. Cela ne participe pas au dynamisme.
La difficulté d’accès au crédit est un frein.
Même si les banques locales n’ont pas connu de
revirement par rapport à l’immobilier, même
s’il n’y a pas de refus massif de leur part, les critères
d’éligibilité ont été renforcés pour les
emprunteurs. Un signe ne trompe pas : alors
que les mois de septembre et octobre sont propices
aux démarches d’appel sur les prêts et les
taux, les banques n’ont pas communiqué cette
année.
Les taux ont tendance à augmenter un peu, la
durée des prêts à diminuer et l’apport à augmenter.
On a de plus en plus de mal à obtenir 100%
de crédit, notamment pour les salariés. Des
gens qui, l’an dernier, étaient finançables, ne le
sont plus aujourd’hui. Les acquéreurs ont du mal
à trouver des prêts relais, générateurs de près de
50% des transactions en France, ce qui freine
la mobilité et la décision de faire construire.
Enfin, les investisseurs n’achètent plus en raison
de la remise en cause de la loi de défiscalisation
et la mise en place des plafonnements
aujourd’hui clairement annoncés. Cette clientèle
assurait 10 à 15% de notre activité.
Y a-t-il péril en la demeure ?
L’inquiétude est manifeste. Les petites entreprises,
les artisans risquent d’être directement touchés.
Mais il faut positiver, rétablir la confiance,
continuer de vanter l’accession à la propriété.
Le marché foncier se détend un peu, même s’il
ne faut pas s’attendre à trop de baisse. Nous disposons
d’offres sur les terrains et nous sommes
en mesure aujourd’hui de faire des propositions
à des ménages. Le gouvernement a permis que
les taux de crédit se maintiennent à des conditions
attractives. Le fait d’ouvrir des fonds de
garantie à des catégories plus élevées, peut permettre
de détendre l’accès au crédit. Des opportunités
se profilent et la pierre reste l’investissement
le plus résistant.
n°33 du 31/12/2008