Transactions

Un marché dopé par la défiscalisation



La défiscalisation permet de mettre en vente des logements “sains” mais le dispositif a ses revers.

Si le marché de l’immobilier marque le pas en métropole, qu’en est-il en Guadeloupe ? En l’absence d’un observatoire de l’ immobilier, les professionnels du secteur ont une appréciation dictée par la réalité du terrain. “La Guadeloupe dispose d’un marché interdépendant qui n’est pas comparable avec le marché immobilier métropolitain parce qu’il est dopé par la défiscalisation. Il n’y a pas ici un mais plusieurs marchés immobiliers, tous de nature différente” commente M. Le Fizelier, président départemental de la FNAIM.

Résidents et investisseurs

Ces marchés s’adressent à une clientèle hétérogène. « Les demandes fortes d’achat et de location sur la zone d’activité économique de Jarry, liées à la relation de proximité habitat/travail, boostent les ventes et les prix. Ce n’est pas nécessairement un habitat résidentiel mais plutôt un habitat fonctionnel. L’accès rapide sur le lieu de travail est un élément fondamental et tant que le problème des voiries lourdes ne sera pas réglé, la loi du marché pèsera autour de ce pôle de forte activité  » précise M Le Fizelier. A St François, considéré comme la petite Côte d’Azur guadeloupéenne, le niveau des transactions est le plus élevé. “Les biens y sont plus chers et les plus onéreux d’entre eux sont souvent acquis par des étrangers qui ne sont pas concernés par la défiscalisation mais qui disposent de gros moyens” indique notre interlocuteur. Autre lieu, autre constat : à Moule, bourgade commerçante, l’immobilier suit une stratégie dynamique d’urbanisme insufflée par la collectivité.

Inflation sur le foncier

Sur ce bout de paradis fiscal, la défiscalisation, qui s’applique aux logements neufs, influence positivement le marché de l’ancien. “Les ventes en défiscalisation sont en nette augmentation. Le dispositif a généré de nouveaux produits . Il a permis d’assainir et de valoriser un marché longtemps dominé par les maisons en coup de main. Il était nécessaire d’opérer un rattrapage en volume d’habitations. Toutefois, les biens sont vendus au prix fort, ce qui n’avantage pas l’investissement locatif. L’effet pervers de la défiscalisation est l’augmentation du prix du foncier : le ratio terrain/construction arrive aujourd’hui à 50/50 (...) Les réserves foncières ne sont pas épuisées mais celles-ci sont de plus en plus rares et elles sont également plombées par les problèmes d’indivision.” Quelques indicateurs révèlent la tendance inflationniste. Le prix des terrains a doublé en cinq ans et le coût de la construction a augmenté de 30% dans le même temps. Les prix obéissent à la loi du marché mais aussi aux conditions de la vente. “Il y a prix affiché et vente réelle” souligne M. Le Fizelier.

BON A SAVOIR :

En 2005, les prêts immobiliers ont représenté 58% des emprunts des ménages et l’ encours des crédits à l’habitat a progressé de 6,9% en un an. Les chiffres du CONSUEL ( attestations de conformité) et de la DDE ( permis délivrés) sont au vert, en augmentation respectivement de 12,7% et de 8% entre 2004 et 2005. (Source : IEDOM/CONSUEL/DDE).