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Photovoltaïque : coup de rabot sur les aides
Le gouvernement a réduit de 50 à 25% le crédit d’impôt sur les installations photovoltaïques.
La décision est tombée sans coup férir le 29 septembre,
sans attendre donc le 1er janvier prochain,
date d’application des mesures de la loi
des finances pour 2011 en cours de discussion.
Depuis cette date, les installations photovoltaïques
ne sont aidées par l’Etat qu’à concurrence
d’un crédit d’impôt réduit à 25% contre 50%
auparavant. Raison invoquée de cette précipitation
: la crainte de faire face à un afflux de
demandes de photovoltaïque, le gouvernement
estimant que la France métropolitaine a atteint
les objectifs de production qu’elle s’était fixée
pour 2020.
Quel avenir pour le PV ?
Cette annonce a désarçonné les décideurs
locaux autant que les artisans de l’activité photovoltaïque
en Guadeloupe. Elle va contre les
perspectives de maîtrise de l’énergie, via les
énergies renouvelables (ENR), l’un des axes de
la politique énergétique de la Guadeloupe. La
Région souhaite que la consommation énergétique
soit assurée par les ENR à hauteur de
50% à l’horizon 2020. Les Dom et, singulièrement
la Guadeloupe, ont encore de la marge
pour atteindre cet objectif, contrairement à la
métropole. Le photovoltaïque représentait
0,2% de la production d’électricité en 2006 en
Guadeloupe, selon le PRERURE* alors que les
prévisions tablent sur 7% dès 2015. Comment
la filière peut-elle évoluer avec une diminution
des aides publiques ? Le gouvernement peutil
encore ajuster sa décision, en fonction de ces
spécificités ?
Réadaptation des tarifs
Cette décision est intervenue un mois après une
baisse de 12% des tarifs de rachat d’électricité
photovoltaïque, le 1er septembre, et moins de
six mois après un première révision des prix,
en janvier 2010.
Cette baisse, entérinée par l’arrêté du 26 août
dernier, ne concerne pas les petites installations
d’une puissance inférieure à 3kW/C dont le tarif
est maintenu à 0,58 euros (panneaux intégrés).
Elle passe à 0,51 euros pour les installations supérieures
à 3kWc, à 0,37 (contre 0,42) dans le
cadre d’une installation simple. Dans les Dom,
les tarifs sont maintenus à 0,40 euros, sauf les
centrales au sol (0,35) comme dans l’ensemble
de l’hexagone.
Toutefois, tout projet qui a déjà fait l’objet
d’une demande complète de raccordement
auprès du gestionnaire de réseau bénéficie de
l’ancienne grille tarifaire. Selon le ministère de
l’Ecologie, « l’ancien tarif de rachat (est) en particulier
maintenu pour les projets sur bâtiment
agricole, en cours d’examen dans les préfectures
au titre de l’arrêté du 16 mars 2010, si ceuxci
ne peuvent obtenir l’attestation requise leur
accordant le bénéfice de l’arrêté du 10 juillet
2006 » (relatif aux conditions d’achat d’électricité
produite par les éoliennes).
n° 55 du 28/10/2010