Promoteurs

Vers une régulation du système ?



La conjoncture chaotique pourrait remettre de l’ordre dans la profession.

Le projet de loi-programme pour l’outremer modifie en profondeur l’actuelle loi Girardin, en particulier l’investissement locatif. Celle-ci autorise des réductions d’impôt substantielles, pendant cinq ans, pour les investissements locatifs libres* et intermédiaires**, de l’ordre de 40 à 50% du prix de revient de l’acquisition sur la base d’un plafond au m2, à condition de louer le bien nu durant 5 ou 6 ans.
Bien que le gouvernement ait retardé la fin de ce processus à la fin 2011 pour le locatif libre et à la fin 2012 pour le locatif intermédiaire, la dégressivité du taux d’abattement du volet immobilier perd de son intérêt pour les investisseurs privés. Le plafonnement limitant les réductions d’impôt à 40 000 euros ou 15% du revenu, adopté en Conseil des ministres, n’arrange rien aux affaires.

Un esprit conquérant
Dans l’attente de l’examen de la future loi par le Parlement, comment les investisseurs immobiliers réagissent-ils ?
« Entre juin et septembre, nous avons constaté un attentisme fort. Aujourd’hui, la démarche est très différente. Encouragés par les promotions qui ont cours en métropole, les investisseurs arrivent avec un esprit conquérant en pensant qu’ils peuvent de bonnes affaires. Sur 50 appels, 30% sont bien décidés à négocier, avec des propositions parfois choquantes  » indique un promoteur local.
Ce dernier reconnaît que les promoteurs ont profité des opportunités immobilières avec de belles marges à la clé. « Mais si les prix à la vente baissent, les prix des terrains vont baisser » prédit-il.

Clientèle ciblée
Pour autant, la conjoncture devrait permettre de remettre de l’ordre dans la profession.
« Nous pensons que la crise permettra d’écarter les promoteurs occasionnels, qui alimentent la spéculation, et que ne resteront que les experts dans ce domaine. Les promoteurs de métier s’en réjouissent car cela permettra de réguler et d’assainir le système. »
Dans ce contexte, comment rester compétitifs et continuer d’attirer les investisseurs ? Certains, comme ce promoteur, ont choisi d’anticiper en se différenciant. « Nous jouons la carte du bonus en offrant des produits différents, plus grands, mieux placés, avec vue. L’objet est d’attirer une clientèle qui cherche à valoriser son patrimoine. Proposer des biens de qualité est très positif pour notre île et permet de capter les investisseurs étrangers. »
*Logements locatifs libres : sans plafond de loyer et sans conditions de ressources du locataire.
**Logements locatifs intermédiaires : sous conditions de loyer et de ressources du locataire.

n°31 30/10/08