Plan de relance

Booster la construction



Accession à la propriété, construction et relance de l’activité bâtiment : les trois mesures « logement » du plan de relance économique.

Le montant de ce plan national et outre-mer, annoncé le 5 décembre par Nicolas Sarkozy, s’élève à 1,8 milliards sur un total de 26 milliards dont la moitié sera absorbée par les grands travaux publics. Il s’agit du doublement du prêt à taux zéro pour l’achat d’un logement neuf ( montant porté de 20 à 30% du prix du bien et plafond relevé permettant à 65% des ménages contre 60 actuellement d’y accéder ) ; de l’extension du Pass-Foncier aux logements collecttifs ; de la construction de 70 000 logements sociaux et intermédiaires, en plus du rachat par l’Etat de 30 000 logements de programmes de promoteurs non réalisés. Une enveloppe sera consacrée à l’accélération des programmes de rénovation urbaine et à l’amélioration de l’habitat insalubre. Enfin, pour activer ces opérations, les contraintes liées au droit à l’urbanisme seront assouplies avec une prorogation d’un an des permis de construire.

Professionnels satisfaits
Le plan doit être appliqué dès janvier. Patrick Devidjean, nommé au gouvernement pour superviser sa mise en oeuvre, a l’intention de saisir les parlementaires d’un collectif budgétaire et de réunir les secteurs les plus touchés par la crise, dont le bâtiment, menacé de perdre 45 000 emplois en 2009, selon le ministère de l’Ecologie. Les mesures de la relance concernent aussi bien les grandes entreprises que les artisans. A l’instar de la Fédération nationale des Travaux Publics, de la Fédération nationale du bâtiment (Fnb) ou de la Confédération du bâtiment et des petites entreprises (Cafeb), les professionnels ont accueilli favorablement ces mesures. Les promoteurs y mettent un bémol. L’extension du taux de TVA réduit pour acquérir un logement neuf, sous conditions et sur une durée transitoire, n’a pas été retenue alors que, selon eux, cette mesure aurait pu avoir un effet direct.

L’immobilier absent
En Guadeloupe, les constructeurs sont sceptiques, le PTZ étant très peu distribué par les banques. « Son doublement est une bonne chose à condition qu’il puisse être démocratisé » commente M. Lasnier, président de l’Union des maisons françaises. Reste que, pour les professionnels, l’immobilier ancien est le grand oublié de la relance. Dans Le Moniteur, le délégué national de la Fnaim regrette que le doublement du PTZ ne concerne que le neuf. Une décision qui pénalise, selon lui, les acquéreurs modestes privilégiant les biens anciens. De plus, « la moitié du chiffre d’affaires du bâtiment se fait grâce à l’entretien de ceux-ci » dit-il. Pour sa part, le président du réseau Orpi (SNPI) regrette que l’immobilier ancien et le crédit soient les laissés pour compte de ce plan.

A SAVOIR
La Région Guadeloupe et le Conseil général associent leurs efforts pour financer un plan de relance local. Le logement et l’activité bâtiment figurent parmi les secteurs que les partenaires entendent soutenir avec,notamment,une accélération des projets publics.

n° 33 du 31/12/2008