Accueil du site > Dossiers > Construction - Assurance > Métiers : Malika Rippon, ingénieur béton

Métiers : Malika Rippon, ingénieur béton

« Chaque chantier est un nouveau challenge ».



Cette maman pétulante de 34 ans s’efface, le jour, derrière l’ingénieur en bâtiment qui calcule et dimensionne les super structures afin d’assurer leur solidité et leur stabilité.

« Je suis exactement où je devais être. Chaque chantier est un nouveau défi et je m’enrichis de chaque projet » dit-elle avec assurance. « Le bâtiment, c’est tellement sérieux ! C’est une lourde responsabilité. Ce métier est très prenant émotionnellement car on n’a pas le droit de se tromper : au-delà du risque pénal, il y va de la sécurité des gens. »

De réelles opportunités
La tête bien faite et les pieds sur terre, armée d’une maîtrise de physique et d’un DESS de gestion des entreprises, cette femme de challenges avait imaginé créer sa structure et sa propre production en revenant en Guadeloupe, après ses études. Elle a dû réviser ses plans. « J’ai compris que seul le bâtiment offrait de réelles opportunités pour travailler et gagner correctement sa vie ici  » dit-elle.
Alors qu’elle planche sur les prix et devis dans une entreprise de BTP, l’idée, soufflée par son boss de tenter le concours du Centre des hautes études de la Construction CHEC, spécialité béton armé, emballe Malika. Un an plus tard, son titre d’ingénieure en poche, elle s’atèle à la tâche dans un cabinet d’études. « Là, j’ai tout appris. A l’école, on apprend à apprendre. Quand on travaille, on apprend un bâtiment. »

Ouverture d’esprit
Ses neurones musclés entrent en scène après que l’architecte a dessiné les plans. « Chaque partie de l’ouvrage doit être calculée pour recevoir les charges et résister aux cyclones, aux séismes. Il faut étudier l’épaisseur des dalles, la section des poteaux, se préoccuper du sol et du type de fondations, tenir compte des charges d’exploitation du bâtiment. Il faut aussi réaliser les plans de coffrage et de ferraillage et suivre le chantier » résume-t-elle.
Durant huit ans, Malika a collaboré à la réalisation de gros chantiers comme le collège de Sainte Anne, le lycée du Gosier, des logements sociaux, l’état-major des Pompiers, ou les ponts de la déviation de Capesterre. Se sent-elle de taille à réduire des plans béton majuscules à ceux d’une maison individuelle ?
« C’est une autre échelle, un métier bien différent  » admet Malika qui avoue s’y être essayée, en se prenant la tête, sur sa propre maison. Apprendre encore et toujours est son credo. Cette insatiable curiosité la pousse en avant. Après la maîtrise d’œuvre, Malika se charge sans complexe de la maîtrise d’ouvrage, à la Semag. « Mes compétences techniques sont très utiles dans cette fonction et on ne peut pas me raconter trop d’histoires » prévient-elle d’ un air malicieux.
Autant dire qu’elle connaît la musique et qu’il ne faut pas venir lui jouer les violons !

n°30 25/09/08