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Métier : maçon
Jules, maçon comme papa
C’est rare de rencontrer un maçon rayonnant. Jules Robenson, lui, a toujours le sourire. Ce jeune maçon de 25 ans ne changerait rien à son destin professionnel scellé dans le béton dès son plus jeune âge.
« J’étais un peu l’apprenti de mon père. Tout jeune, j’ai travaillé à ses côtés mais ça n’a pas toujours été facile » reconnaît-il. « C’était le travail à l’ancienne. Les relations étaient un peu tendues et je n’avais pas intérêt à faire de fautes. » Il n’empêche ! C’est ce métier difficile, physique, exigeant, plein d’avenir mais qui rebute de nombreux jeunes, que choisit à l’époque le collégien. Parce qu’il perçoit instinctivement que la construction, faite pour durer, est une œuvre en soi et qu’il a le goût du travail bien fait.
Coup d’arrêt à l’alternance
Après la 3e, Jules s’oriente naturellement vers un bac pro CBGO (construction, bâtiment, gros œuvre) au LEP du Lamentin. Il est conforté dans cette voie, même s’il se découvre un penchant pour le dessin et l’architecture durant sa formation. « Je préfère mettre la main à la pâte. J’ai eu des professeurs intéressants qui m’ont beaucoup appris et j’ai effectué des stages au cours de ma scolarité qui m’ont permis d’être sur le terrain » explique le jeune homme. Mais le plus dur est à venir pour le jeune diplômé enthousiaste. Son Bac pro en poche, Jules est, en effet, confronté à une réalité moins souriante. Lancé dans un BTS en alternance, il se voit congédier, huit mois après le début de sa première année, par l’entreprise partenaire qui met la clé sous la porte. « J’en avais les bras cassés ! C’est déjà très difficile de trouver une entreprise, alors en cours d’année, c’est quasi impossible. »
Le poids de la jeunesse
Cet impondérable n’a pas entamé sa motivation. Au pied du mur, obligé de surseoir à son projet, Jules prend conscience qu’il doit faire ses preuves et convaincre de ses qualités. « Quand on sort d’un bac pro, on n ‘effectue pas toujours les tâches pour lesquelles on est diplômé » assure le jeune homme. « Etre jeune dans le métier n’est pas nécessairement un atout. C’est le poids de la jeunesse » dit-il, philosophe. « Beaucoup, dans ma promotion, ont baissé les bras. Je crois qu’il ne faut pas avoir peur de se défendre et de se faire respecter en prouvant le sérieux de son travail. » Au sein de plusieurs entreprises, le jeune maçon s’étalonne tout en rêvant, sous son casque, de gravir les échelons. « Je compte bien ne pas en rester là. » Son viatique ? Une formation qui lui permettra d’obtenir un bac + 2, fut-elle en cours du soir. Car Jules n’a pas l’intention d’aligner les parpaings à longueur de journées. Il veut tordre le cou à l’idée selon laquelle un maçon est réduit à construire des murs. Lui veut construire des maisons ! En homme de l’art. Noble cause pour un jeune homme motivé. Noble métier.