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Le principe « idéal »



L’ancien directeur commercial d’Idéal Construction découvre, à 65 ans, une nouvelle activité à travers la coopérative du bâtiment Idéal Groupe.

« Ici, les artisans ne sont pas des sous-traitants. Ils sont tous associés au capital et aux décisions de la société. Tous intéressés et tous responsables avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ce concept rassure les clients et recouvre une forme d’humanité » se réjouit Rassan Ghozael. De sa voie roulante aux accents mélangés, ce Libanais originaire du sud de l’Hexagone, égrène les « bons principes » d’Idéal Groupe, coopérative du bâtiment en SARL, rattachée à la FFACB (Fédération Française des Artisans Coopérateurs du Bâtiment). Cette société a été créée en mars dernier, en lieu et place d’Idéal Construction, qui recouvre désormais le seul service commercial. Les deux sociétés ont apparenté leur logo et cohabitent dans les mêmes locaux.

Nouvelle activité à 65 ans
Directeur commercial d’Idéal Construction durant dix-sept ans, Rassan Ghozael songeait à se retirer après une vie professionnelle bien remplie dans l’immobilier et la construction. Mais à 65 ans, il a signé des deux mains, avec une fébrilité juvénile, un contrat avec cette coopérative d’artisans dont il est, par notoriété et expérience, la tête administrative, financière, juridique et commerciale. Tout en éprouvant son indépendance, il découvre un autre métier. Difficile de dire qui de l’ancien « patron » ou des nouveaux associés est le plus motivé tant l’entrain de Rassan Ghozael est prégnant. Prendre ce virage n’a pas été de tout repos. On ne badine pas avec la « fédé » qui exige des critères drastiques de la part des coopératives d’artisans, avant de les entourer de sa sollicitude et de ses garanties. Rassan Ghozael confirme : « Tout est épluché : les bilans, les compétences… et tout est contrôlé par la fédération. Le b a ba de notre profession est le contrat MI avec toutes les garanties. Nous bénéficions de formations de régularisation. Les artisans ne devraient plus être pris en défaut. »
La nouvelle structure est composée de onze associés, d’anciens sous-traitants triés sur le volet. Ces adhérents sont des artisans en nom propre ou en société. « Chacun, maçon, plombier, charpentier, etc. est intégré au groupe avec un capital de départ identique et les bénéfices sont équitablement répartis » précise M. Ghozael.

Décisions collégiales En vertu des statuts de la coopérative, aucune décision ne peut être prise sans l’accord de tous. « Des réunions ont lieu tous les dix à quinze jours. Elles peuvent concerner le respect des délais, la mise à jour des attestations, des contrôles… Chacun peut s’exprimer et les décisions sont collégiales. En revanche, le règlement intérieur est draconien  : en cas de manquement, un associé peut être tenu de verser des pénalités. »
Pour un associé, l’entreprise est la priorité. Rassan Ghozael ne cache pas que les adhérents ont compris leur intérêt. « Les artisans ont envie de montrer qu’ils travaillent bien pour leur société. »

28/07/2011 N°64