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Le bâti non conforme très vulnérable



Le rapport de la Cour des Comptes sur la gestion des risques naturels dans les Dom, rendu public en février dernier, montre la vulnérabilité du bâti dans les Dom. Eclairage sur la situation en Guadeloupe.


Les Antilles cumulent les risques naturels les plus importants et les plus dangereux. Le parc ancien, public et privé, bâti avant les normes de construction, est fragilisé et la culture du risque n’est pas systématiquement intégrée dans le neuf.

Formation et contrôle des normes
Si la construction des bâtiments à usage collectif ne pose pas de problème, en général, car elle est sous contrôle, on ne peut en dire autant des maisons individuelles. La Cour pointe des « anomalies dont les plus importantes relèvent de la qualité de l’utilisation des matériaux et des imperfections de mises en oeuvre » liées au manque de technicité des intervenants de la construction.
La Cour souligne les efforts de formation engagés par les constructeurs mais juge ces initiatives insuffisantes pour toucher l’ensemble des acteurs concernés, soit 3000 personnes en Guadeloupe.
La Cour recommande d’accroître fortement la formation, initiale et professionnelle, de mettre en place un dispositif de contrôle des règles de construction et de renforcer la lutte contre les constructions illégales *.

Le parc ancien vétuste et fragile
« Les logements sociaux ne sont pas les bâtiments les plus anciens, ni les plus vulnérables, mais le nombre de victimes, en cas de séisme, pourrait y être néanmoins élevé » relève la Cour des Comptes. Principal bailleur social, la Société immobilière de la Guadeloupe, considère que 70 % de son parc est peu ou pas vulnérable. Elle estimait, fin 2007, à 205 millions d’euros le coût de confortement ou de reconstruction des 11 300 logements vulnérables.
Les logements privés ne font pas partie des priorités de la première phase du plan séisme Antilles. Ceux-ci sont pourtant très vulnérables, en particulier les nombreuses maisons individuelles construites avant l’entrée en vigueur des normes PS 92, ou en dehors de tout cadre légal.
Leur conception et l’utilisation de matériaux non conformes, les bétons en particulier, aggravent les risques. Les particuliers ne disposent pas de moyen commode pour faire diagnostiquer la vulnérabilité de leur habitation. A cet égard, la Cour recommande de rendre obligatoire un diagnostic de vulnérabilité sismique dans une transaction immobilière. (www.ccomptes.fr)

* Un cinquième à un tiers des constructions aux Antilles serait réalisé sans permis de construire.

Le bâti face aux risques

•PPRN : la Cour note que le contrôle des permis n’est pas toujours appliqué rigoureusement par rapport aux prescriptions du Plan de prévention des risques naturels.

• Risque volcanique : l’intégration de l’aléa dans la politique d’aménagement du territoire est encore imparfaite et peu lisible.

• Risque cyclonique : Les règles particulières de dispositions constructives pour résister aux vents importants ne sont pas précisées dans un texte réglementaire.

• Risque inondations : De façon générale, les DOM souffrent de retards dans l’élaboration de plans d’action de prévention des inondations.

La prise en compte de submersion marine est souvent insuffisante dans les PPRN et les politiques systématiques d’aménagement du littoral font défaut. En Guadeloupe, les ouvrages de protection sont de qualité inégale, et mal entretenus.

• Mouvements de terrain : Les études géotechniques, exigées dans les PPRN pour toute construction nouvelle ou extension, restent rares, bien qu’indispensables.

n° 60 du 31/03/2011