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L’invité : Patrice Lasnier, la voix des constructeurs
La sécurité d’un projet de construction tient à coeur le président de l’Union des maisons françaises (UMF) Antilles-Guyane. Patrice Lasnier s’en expliquera lors d’une conférence le 29 avril aux 3 Jours de l’Immobilier.
Le contrat de construction de la maison individuelle,
cette loi de 1990 que doit honorer tout
constructeur est, en quelque sorte, sa bible. Un
garde-fou pour les futurs propriétaires. Patrice
Lasnier n’a de cesse de mettre en garde contre la
méconnaissance qui peut se payer au prix fort des
désillusions. « Les gens doivent être conscients de la
portée de leurs actes d’achat au regard des garanties
offertes » martèle-t-il.
Engagé pour le logement
Un peu par hasard, par l’intermédiaire de sa fédération,
les 3 Jours de l’Immobilier sont devenus
le temple de l’information immobilière et un
relais de communication dont il se félicite. « Le
salon répond à de véritables besoins d’échanges du
public avec des professionnels qualifiés. Son succès se
démontre par l’augmentation constante de visiteurs
de plus en plus initiés et des exposants. »
Patrice Lasnier est fortement engagé dans la
défense de sa profession, et du logement en général.
Administrateur de la Fédération locale du bâtiment
et des travaux publics, du Syndicat des
aménageurs et lotisseurs ainsi que du Comité interprofessionnel
du logement, à 46 ans et vingt-deux
ans d’exercice, cet ingénieur des Arts et Métiers
devenu chef d’entreprise, est une personnalité écoutée
et reconnue.
L’outre-mer pour horizon
S’il visait l’outre-mer, c’est sans doute parce que
son quotidien à Juvisy-sur-Orge, sa ville d’origine
en région parisienne, ne comblait guère ses envies
d’évasion. Faute de pouvoir faire son service militaire
en Guadeloupe, Patrice Lasnier, silhouette
élancée et profil de marathonien, se contente des
Pompiers de Paris.
Partie remise puisqu’en 1989, à la faveur d’une
offre d’un constructeur, il fait enfin ses bagages
pour l’archipel où il remplit son premier poste à
la logistique. « La loi de 1990 n’existait pas, le secteur
était assez peu structuré à l’époque et les acquéreurs
moins encadrés qu’aujourd’hui ». Le marché
était occupé par le logement social avec une forte
proportion d’accession à la propriété.
Une marque de fabrique
Quand le cyclone Hugo détruit tout, il faut
reconstruire vite. Patrice Lasnier se souvient de
ces chantiers à la pelle, des équipes qui tournaient
en 3fois8 et du rythme infernal de 200 logements
par mois à bâtir. « C’était trop » souffle-til.
La société qui l’emploie, ABC, dépose le bilan.
Le jeune cadre se rend alors à la Réunion pour le
compte d’une société qui développe le procédé
d’ossature bois. A son retour, en 1995, il se lance
en reprenant la gérance en association de Québec
Guadeloupe qui réalisait principalement des
logements évolutifs sociaux. Patrice Lasnier
imprime sa marque de fabrique avec Kéops et
reprend, en 2002, Villarchipel. Tout en conservant
cette tradition d’activité sociale.
S’adapter aux évolutions, aux bonnes comme
aux mauvaises passes, aux « dérives normatives »
et à la concurrence, batailler pour faire entendre
les voix d’ici dans l’hexagone est le lot de ce chef
d’entreprise largement occupé qui garde du souffle
pour la course à pied.
n° 61 du 28/04/2011