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L’invité : Christophe Convers

un artiste converti à la construction



Le style unique des maisons Villarchipel est inspiré par sa fibre artistique. Rencontre avec le directeur commercial de la société, un cadre attachant, d’une discrétion instinctive.


« Je n’ai pas d’ego. J’ai horreur de me mettre en avant ! » Dans son bureau simplissime qui domine la Voie Verte, Christophe Convers rechigne à se laisser aller aux confidences, préférant conter son métier. Il le reconnaît : sa nature toute en modération est contradictoire à la communication ouverte qu’impliquent ses activités. « Je me fais violence » lâche-il en se laissant (un peu) apprivoisé.

Dessein contrarié
Le parcours de ce Franco-Suisse de 43 ans, poète, peintre et photographe dans ses moments libres, n’est pourtant pas quelconque. Il voulait faire les Beaux-Arts mais son dessein contrarié s’est mué en dessin industriel. Son diplôme obtenu, Christophe Convers débute très tôt dans le domaine de la construction et de l’immobilier. D’abord agent immobilier puis comme commercial et directeur commercial dans le groupe de construction de maisons individuelles Phoenix, réputé pour ses innovations, à Lyon et Annecy. Il créé ensuite sa propre société avec un associé mais il a des envies d’ailleurs.
Le jeune homme a la bougeotte active et le goût des îles. A l’occasion de divers voyages où il se fait « mercenaire » de l’immobilier, il arrive en Guadeloupe il y a onze ans. Dans cette île qu’il découvre, des espaces sont ouverts à la créativité. A l’époque, le marché peu actif des villas clés en main, sous contrat MI, s’organise. A la faveur d’une rencontre avec un constructeur, il intègre Villarchipel, créée en 1997, fusion des Maisons de l’Avenir, société ellemême issue de la S2ER créée en 1983. Son identification repose sur un concept innovant d’habitat créole, de standing et personnalisé, que lui insuffle Christophe Convers.

En pleine mutation
De sa profession, il n’est pas avare de détails. Au prix de longues heures d’investissement personnel, d’aléas à gérer et de réflexions pour affronter la crise, il connaît les soucis ordinaires d’un directeur commercial à la tête de quatre commerciaux dont deux chefs de projet se révélant « une équipe en or massif. »
Les crises, les freins à la défiscalisation et d’autres contraintes, il les affronte sereinement et avec énergie. « Depuis deux ans, nous sommes en pleine mutation. Notre positionnement marketing moyenne gamme supérieure est devenu marginal. Aujourd’hui, les budgets moyens sont de l’ordre de 250 000 euros alors qu’il y a 4 ou 5 ans, ils étaient de 350 000 euros. Nous avons dû nous adapter et créer une gamme low cost » analyse t-il, en concédant : « le marché s’est épuré ».
Christophe Convers affirme que malgré la conjoncture, le taux de progression de la société est régulier. Villarchipel réalise en moyenne une cinquantaine de constructions par an -1280 depuis sa création-. Des villas proposées pour moitié sur catalogue et pour 50% dessinées par ses soins ou par ses chefs de projets. De la création concrète, des oeuvres sans cesse inspirées dont l‘artiste confesse ne pas être blasé.

n° 57 du 30/12/2010