L’architecte

« Le garant du patrimoine »



L’architecte est un professionnel de l’urbanisme.

Tour d’horizon sur la fonction d’architecte et les enjeux avec Christian Galepin, président de l’Ordre des architectes de Guadeloupe.

Quelle est la part du recours à l’architecte dans la construction de la maison individuelle ? Christian Galepin : En terme d’économie, la part est très faible en Guadeloupe. Plusieurs raisons peuvent être avancées : l’explosion des constructeurs de maisons individuelles, dès 1980 et la « pratique culturelle » du coup de main. L’essentiel du marché des 180 architectes de Guadeloupe concerne la commande publique. Quelques architectes sont spécialisés en maison individuelle.

Qu’est-ce qui caractérise une « maison d’architecte » ? C.G. : L’architecte est un professionnel qui dispose de toutes les assurances professionnelles. Il travaille avec un ingénieur et garantit la qualité de l’ouvrage. Lorsqu’il est chargé d’une mission complète, il visite le chantier au moins une fois par semaine. Cet aspect de son mandat, prévu au contrat, limite les malfaçons et les sinistres potentiels.

L’architecture a-t-elle un avenir en Guadeloupe ? C.G. : Tout dépend ce que l’on entend par « architecture  ». Quand les gens s’adressent aux architectes, il y a une démarche de concertation qui doit répondre à leurs attentes et prendre en compte le respect de la réglementation. Les gens pensent que la mission de l’architecte consiste à élaborer des plans. En réalité, c’est la finalité de la démarche. L’architecte est avant tout un professionnel de l’urbanisme qui structure l’espace. Il donne du sens à son œuvre et s’inscrit sur le long terme. Au regard du temps, il engage l’avenir, comme l’exprime le célèbre architecte Niemeyer lorsqu’il déclare « construire aujourd’hui le passé de demain. »

En matière d’urbanisme, quelles seraient vos priorités ? C.G. : Aménager, c’est prévoir. On constate aujourd’hui qu’on a été dans l’incapacité d’intégrer les nouveaux modes de déplacement et la densification des pôles d’activités. On n’a pas su gérer l’intercommunalité. Voilà des années que nous attirons l’attention sur ces phénomènes et nous sommes très peu ou pas du tout écoutés. Dans les dix années à venir, on va assister à l’explosion des lotissements, à l’éclatement périrural parce qu’on ne réfléchit pas globalement. Les décideurs sont dans une échéance politique alors qu’il faudrait anticiper sur 15, 20, 30 ans… Par ailleurs, l’opinion doit ouvrir les yeux sur l’architecture et nous devons mieux communiquer sur ces notions de temps. Le pastiche n’est pas la tradition. Certes, les modes de construction sont différents mais nous devons être capables d’exprimer ce que nous sommes, et d’affilier ce qui se faisait avant à ce qui se fait aujourd’hui.