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Jean-Claude, architecte d’intérieur
« Un métier indispensable »
Il a embrassé cette profession par admiration pour son oncle, l’architecte Charles-Daniel Ricou. « Comme j’étais davantage attiré par l’objet que par l’immeuble et que j’aime beaucoup le graphisme, je me suis dirigé vers la formation d’architecte d’intérieur » raconte Jean-Claude Maréchaux, 52 ans.
Avant de voler de ses propres ailes, ce diplômé de l’ESAG Paris, l’un des deux certifiés du CFAI (Conseil français des architectes d’intérieur) des Antilles, également expert judiciaire, a d’abord œuvré dans différents cabinets prestigieux comme Delépine ou la Guide des Orfèvres, et au côté d’architectes plus obscurs « mais non moins intéressants » souligne-t-il. Et s’il cite Torrente, c’est moins par admiration du couturier que parce que celui-ci a figuré parmi ses premiers clients. Le parfum de la reconnaissance a aujourd’hui valeur d’anecdote pour ce professionnel établi, qui totalise plus de trente ans d’activité.
Prestation intellectuelle
Revenu à ses sources en 1989, Jean-Claude
Maréchaux s’est installé dans la maison de sa
grand-mère, au cœur du vieux Pointe-à-Pitre,
converti en loft spacieux, fonctionnel et lumineux,
à deux pas du Pavillon de la ville. Entouré
de ses objets familiers, il crée l’aménagement
de l’espace intérieur des entreprises, des collectivités
et des villas que leurs propriétaires souhaitent
restructurer. « Un métier indispensable
» estime-t-il, soumis aux assurances de responsabilité
civile et décennale.
« La représentation du métier est un peu confuse.
Pour beaucoup de gens, je fais des petits dessins »
dit-il. « Les prestations intellectuelles sont impalpables.
L’évaluation des honoraires peut sembler
très opaque. Tout est question de confiance. » Et
de feeling.
L’architecture d’intérieure se situe au second
plan de la hiérarchie des créateurs. « La seule
différence fondamentale avec le métier d’architecte
est que ne nous ne déposons pas de permis
de construire. »
Organisation de l’espace
Pour ceux qui confondent architecture d’intérieur
et décoration, Jean-Claude Maréchaux
dissèque la méprise : « la décoration est complémentaire
de l’architecture d’intérieure. Un décorateur
agit sur l’esthétisme sans aucune incidence
sur les volumes. La colonne vertébrale de notre
métier est l’organisation de l’espace. J’ai besoin
de compétences de designer. Quand j’ai trouvé le
fonctionnement de l’espace et que j’ai discerné l’objet,
il faut trouver l’ambiance pour l’installer »
résume M. Maréchaux, qui avoue être agacé
par la vogue des émissions télévisées pernicieuses
« où l’on fait croire que sans le moindre effort,
tout est possible » et qui occultent la valeur du
travail de l’artisan.
Autre différence mise en exergue par le créateur
: si les gens font appel à la sensibilité d’un
décorateur, l’œuvre de l’architecte d’intérieur
a une dimension moins intime. « Je réalise, avec
ma personnalité, un objet que je dois rendre à
quelqu’un. Je n’ai pas le droit de faire quelque
chose pour moi. »
n°31 30/10/08