Découverte

La maison de Zévallos



Ce bijou du nord Grande- Terre a attiré la foule pour sa première ouverture officielle, lors des Journées du Patrimoine.

2000 à 2500 visiteurs venus pour l’admirer ?
C’est ce que croit Réné Debibakas, le propriétaire de l’habitation. En tout cas, les files d’attente sur le perron, le va-et-vient dans les galeries et le chassé croisé serré dans les escaliers de la demeure pour accéder à l’étage et aux combles, attestent de l’intérêt que porte le public à cette vielle dame, classée aux Monuments Historiques depuis 1999.

Toutes portes ouvertes
Jusqu’à cet événement, la maison n’était qu’une intrigue mystérieuse. Le mythe de la maison de Zévallos, nommée la « maison hantée » alimente, sans doute aussi, la curiosité. La légende raconte, en effet, que des esclaves y auraient été assassinés lors d’une émeute et que certains perçoivent leurs plaintes.
Mais les amateurs de vieilles pierres se sont attardés sur le façonnage de cette maison de maître, arrivée démontée, qui date du milieu du XIXe siècle. Elle fait partie du patrimoine d’une usine sucrière du Moule, fondée par le comte Hector Parisis de Zévallos.
Revêtue de fer forgé, de bois et de briques roses, cette merveille d’architecture est entourée de galeries soutenues par de graciles poteaux métalliques, issus des ateliers Eiffel. Las, la rouille a fait son œuvre et des travaux seront nécessaires pour qu’elle retrouve tout son pimpant d’antan.

Boiseries sculptées et lustres authentiques
Dans les pièces tamisées par de hauts volets persiennés, les hauts plafonds, offrent une fraîcheur naturelle digne de la construction bioclimatique. Les murs du salon, au rez-dechaussée, sont revêtus de boiseries sculptées d’origine, de toute beauté ; les lustres, également d’époque, font partie de ce riche patrimoine. Sous le toit de tuiles, par les fenêtre des chiens assis, le regard porte sur le parc de deux hectares, fleuri et arboré, jusqu’à la mer.
En baguenaudant dans le parc, les visiteurs ont pu découvrir l’un des vestiges classés de l’usine sucrière : la cheminée cylindrique de briques de 18 mètres, chahutée par les secousses sismiques l’an dernier - et depuis réparée.
S’il a une valeur patrimoniale manifeste, l’état de classement oblige le propriétaire à effectuer des travaux de conservation qui nécessitent d’engager des deniers. L’Etat contribue à la restauration à 80% des travaux financés. Pour conserver son allant, la maison de Zévallos ne pourra pas y échapper.

n°31 30/10/08