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Construction en Guadeloupe
Une activité soutenue, des coûts en hausse et du foncier rare
Entretien avec Patrice Lasnier, président de l’Union nationale des constructeurs de maisons individuelles (UNCMI) Guadeloupe.
Comment résumer l’activité de la construction en 2007 ?
2007 a été une année correcte. L’activité reste soutenue. Le souci, de plus en plus criant, est que les budgets sont de plus en plus élevés car le coût du foncier et de la construction ont encore augmenté : le ciment de 15% avec des répercussions de 5à 8% sur le béton, les parpaings et les peintures sont en hausse de 4,5%. Tous les matériaux augmentent plus vite que l’indice du coût de la construction. De plus en plus de gens ne peuvent pas accéder à la propriété. Si bien que ceux qui ont un projet ne devraient pas le différer.
On reparle du pass-foncier et d’une maison plus accessible
Pour que ces systèmes fonctionnent, la collectivité locale doit participer. Sans son intervention, pas de pass-foncier, ni de prêt à taux zéro… Nous espérons que ces dispositifs seront pris en compte par les maires, anciens ou nouveaux, issus des urnes.
Comment voyez-vous l’avenir ?
Si on n’arrive pas à faire libérer du foncier pour construire, on va se retrouver dans des situations délicates. Si, de plus,, les accédants à la propriété n’ont plus droit à la défiscalisation, cela n’ira pas dans le bon sens.
La loi-programme en préparation entend freiner la spéculation sur le foncier. Votre point de vue ?
Je ne sais pas si c’est un bon calcul. Nous sommes sur un micro marché, avec des mouvements de population moindres et des réseaux routiers que nous connaissons tous. Aujourd’hui, des terrains se vendent parce que les prix sont élevés. Si les prix n’étaient pas à ce niveau, il y aurait encore moins de terrains disponibles. Le foncier n’est pas facile à réguler. Beaucoup de propriétaires fonciers qui disposent de terrains constructibles attendent et spéculent.
La volonté est d’aller vers une densification des logements
Oui, mais on s’en donne pas les moyens. Car il faudrait mettre en place des réseaux collectifs qui coûtent très chers alors que la majorité des collectivités n’en ont pas les moyens. Elles n’ont pas suffisamment anticipé à l’exception de quelques communes qui bénéficient de rentrées financières touristiques ou industrielles.
La solution, ce serait quoi ?
En amont, il manque un établissement public d’aménagement foncier. Les aménageurs sont aujourd’hui des aménageurs constructeurs, des opérateurs qui ne peuvent pas porter la totalité de l’opération. On ne parle jamais d’une ZAC sur 100 hectares alors que c’est cela qu’il faudrait faire : créer des quartiers entiers. Une interface foncière est indispensable mais à l’échelle de l’intercommunalité. Nous aurons du mal à rattraper le retard pris car les surfaces de foncier disponible ne permettront plus de créer de tels quartiers.