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Les écogestes au jardin



Jardiner vert, d’accord ! Mais comment faire pour relever ce défi face à des hostilités flagrantes ?


« Quand un jardinier veut faire un jardin, il commence par arracher les herbes folles (…) » écrit Alain. Cette citation ressemble au commencement du jardin « bio » qui évite la lutte chimique et les pesticides pour lutter contre les prédateurs du jardin.
Comment faire pour cultiver son jardin le plus naturellement du monde sans anéantir toute la faune ? Cette méthode réclame du temps, des choix inhabituels, de la patience, et quelques astuces.
Des gestes peuvent vous aider à jardiner vert dans une nature sensible où il faut relever le défi d’hostilités ambiantes : sécheresse du côté de la météo ; maladies des plantes ; acatines, fourmis manioc, cochenilles, etc. pour ne citer que quelques nuisibles qui dévastent tous nos efforts.

User du compost
Pour préserver l’équilibre des sols et la santé des plantes, les pesticides, insecticides et engrais chimiques doivent être évités. Misez plutôt sur le compost. 100% écologique, c’est un procédé peu onéreux qui permet de réduire le volume de la poubelle et de produire un humus de qualité. Dans un bac, posé à même la terre, vous déposez, en les mélangeant à la terre, des épluchures de légumes, des fruits et légumes abîmés, la taille de la pelouse, des feuilles fanées, des coquilles d‘oeufs, mouchoirs en papier, vieux journaux, des sciures et copeaux de bois et même du marc de café. Les vers de terre et les insectes se chargeront de décomposer ces différents apports. Veillez à ce que ces composants soient indemnes de parasites pour ne pas contaminer le futur engrais. De temps en temps, il faut remuer, aérer, voire arroser le compost par temps sec et au bout de deux ou trois mois, vos plantations pourront profiter de ce fertilisant.

Arroser à l’eau de pluie
Les plantes préfèrent l’eau de pluie à l’eau potable. La récupération des eaux pluviales dans un réservoir de jardin ou une cuve vous permet, de plus, de réduire la facture d’eau. Pour limiter l’évaporation pensez au paillage et à biner le sol entre les arrosages. Vous pouvez encore réaliser un goutte-à-goutte maison à base de bouteilles d’eau. Le système consiste à planter une bouteille en plastique coupée en deux au pied des plantes et de remplir d’eau l’entonnoir : l’eau s’écoulera en douceur et en profondeur. L’eau de lavage de la salade ou des légumes constitue un apport régulier pour les plantes en pot qui ont davantage besoin d’humidité.

Lutte contre les insectes
Si les coccinelles (grandes amatrices de cochenilles) ont déserté votre jardin, des produits bio peuvent empêcher les nuisibles de s’attaquer à vos plantes. De l’eau savonneuse ou de l’huile blanche luttent contre les parasites (pucerons et cochenilles), la pulvérisation de purin d’ortie préserve des insectes. La nature des plantes peut constituer un rempart aux infestations : c’est la lutte intégrée c’est-à-dire le choix de la plante qui résistera naturellement à l’agression des insectes. D’autres plantes, comme la citronnelle, repoussent naturellement les animaux.
L’accouplement de certaines plantes (tomates/oeillets d’Inde, par exemple) repousse les indésirables. Si la lutte naturelle contre les fourmis manioc reste à écrire, le rituel pour se débarrasser des escargots est original : quelques grains de sel sur la coquille suffisent, paraît-il, à les neutraliser ! Et si tous vos efforts s’avèrent infructueux, vous serez peut-être tentés de rejoindre ce jardinier philosophe, s’exprimant sur le forum de futura-sciences.com : « Après avoir essayé le chimique, le naturel, le biologique, j’ai opté pour … l’inaction. Je laisse faire, et mon jardin se porte finalement aussi bien ! »

La citation, à méditer…
« Un jardinier qui sabote une pelouse est un assassin en herbe »(Raymond Devos, Extrait du sketch « Des chansons que je ne chante pas »).

n° 50 du 26/05/2010