Le jardin

Les bassins d’agrément et biologiques



Le concept du bassin aquatique se développe. Ce retour aux sources réclame de la technicité.

« Comme le minéral et le végétal, l’eau fait partie du paysage dans le jardin » explique Camille Ismaël, entrepreneur paysagiste.
Qu’ils soient bassins ornementaux, jolis et relaxants, avec leur cascade et leur petit pont, ou bassins biologiques destinés à la baignade dans une eau naturelle, ces plans d’eau, petits ou grands, sont de plus en plus tendance.

Technicité
Se lancer dans l’opération d’un bassin aquatique requiert toutefois des connaissances techniques de mise en place. Le spécialiste va étudier le type de terrain, éviter les zones humides, se pencher sur la manière dont le terrain peut être excavé en fonction de la taille du bassin. Un tel système peut également réutiliser les eaux usées. « Une fois épurées, les eaux grises peuvent fournir de l’arrosage et alimenter une cascade » explique M. Ismaël.
L’installation d’un bassin d’agrément tient compte également de la pose d’un géotextile et de sable, du système de filtration, de l’éclairage mais également du trop plein. Ces questions techniques nécessitent plusieurs types d’intervention avant la mise en eau. Une fois la conception imaginée, il faut habiller la béance d’un liner, noir de préférence, du type d’un revêtement pour piscine.
Tout l’art du professionnel consiste ensuite à agencer l’environnement du bassin, avec des plantes aquatiques
- les cypérus, papyrus et les nénuphars se prêtent volontiers à cet emploi
- des pierres, du sable, des cailloux, du bois… Les golomines, petits poissons goulus, se chargeront de la chasse aux moustiques. Mais dans un espace dépourvu de produits chimiques, il faut s’attendre à quelques intrus : grenouilles et crapauds s’accaparant le milieu naturel.

Un milieu à apprivoiser
Les bassins biologiques se développent en métropole et en Europe, et pourraient émerger en Guadeloupe. Mais pour se baigner dans une eau naturelle, non traitée chimiquement, les techniques sont un peu plus lourdes et le système réclame davantage d’équipements .
Pour atteindre une qualité irréprochable, l’eau de baignade des bassins naturels doit être dépourvue de pollution, champignons et bactéries . « L’eau doit être toujours en mouvement » note M. Ismaël. Ceci suppose plusieurs petits bassins de décantation faits de lits de gravier, sable et cailloux ; des systèmes de filtration biologique efficaces, adaptés au volume d’eau.
Les plantes aquatiques, placées dans les zones de filtration, ont pour fonction d’éliminer les micro-organismes nuisibles et de participer à l’oxygénation du bassin.
D’autres équipements peuvent être nécessaires comme les aérateurs qui favorisent l’équilibre du bassin, les stérilisateurs et clarificateurs UV spécifiques au milieu aquatique vivant, ainsi que des appareils à ultrasons destinés à éviter la prolifération des algues, sans risque pour les plantes.
Et comme pour tout système de baignade, l’entretien des plantes, des filtres et des pompes joue sa part pour conserver une eau saine.

n° 31 30/10/08