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Jardin : un coin de potager

Les fruits « bio » de nos efforts



Un potager bien à soi, organisé dans un coin du jardin, à côté d’un composteur, améliore l’ordinaire et procure bien du plaisir aux jardiniers amateurs.

Quelques pieds de tomates et de salade, des brins de cives au naturel... : du potager à l’assiette, de nombreux amateurs de légumes issus du jardin sautent le pas. La mini culture conjugue le plaisir de faire pousser soi-même les plantes et le goût succulent du « fait maison ». La passion est souvent familiale car les enfants adorent semer, planter et… récolter. « Les gens font eux-mêmes leur potager même s’il y a une demande en ce sens envers les professionnels » commente Camille Ismaël, entrepreneur paysagiste.

Terre acide et argileuse
Les cultures ont leur préférence : selon leur nature, elles se développent facilement dans une terre adéquate mais résistent à un sol qui n’est pas adapté. Les amendements sont toujours nécessaires pour l’équilibre de leurs besoins.
L’amélioration de la structure du sol a une grande importance avant de semer ou repiquer les semis. En outre, la désinfection du terrain à l’aide d’eau bouillante peut s’avérer nécessaire pour lutter contre les virus et maladies.
En Basse-terre, zone où la terre est argileuse, pauvre en calcium, des apports de tuf, de chaux, etc. seront nécessaires. En Grande- Terre, les sols argileux compacts réclament un complément de sable. Le tout est de disposer d’un bon système d’arrosage, et d’irriguer tard le soir. Attention : les arrosages sont actuellement restreints par arrêté préfectoral en raison de la sécheresse. A ces amendements, « il convient d’ajouter du fumier, du compost issu des résidus des tontes de gazon pour équilibrer la matière organique du sol » conseille M. Ismaël.

Protection du soleil et des bestioles
Certaines cultures ont besoin, pour démarrer, d’être à l’abri du vent et du soleil avant d’être exposées à l’air libre. En particulier si les jeunes pousses et les semis proviennent de serres.
Une ombrière sera la bienvenue. Elle peut être réalisée dans des palmes de cocotiers saines ou achetée dans le commerce, certaines de ces toiles faisant filtrer 50 à 80% de la lumière.
Il faut également surveiller les bestioles dévastatrices  : fourmis manioc et escargots s’en donnent à coeur joie. Des produits bio peuvent les empêcher de nuire sans les éliminer. Les plantes elles-mêmes constituent de sérieux remparts aux infestations : c’est la lutte intégrée c’est-àdire choisir la plante qui résistera naturellement à l’agression des insectes. D’autres plantes repoussent naturellement les animaux comme la citronnelle dont il est recommandé d’avoir un pied à proximité. Enfin, l’accouplement de certaines plantes repousse les insectes comme des oeillets d’Inde près des tomates. Des mixtures naturelles à base de talc ou de citronnelle, de purin d’ortie ou de fougère, éloignent aussi les indésirables. L’eau savonneuse agit, par exemple, contre les parasites tels que pucerons ou cochenilles qui ont pris leurs aises durant le carême.

Isolé ou en massif
On peut s’amuser à se lancer, armé de temps et de patience car les plus petits des potagers réclament une attention quotidienne. De nombreux ouvrages donnent des pistes pour réussir un potager. Mais sans véritable connaissance du terrain et des besoins des cultivars, vos efforts risquent bien d’être ruinés.
D’abord la technique. Selon la surface du terrain disponible, il faut délimiter un coin potager de plusieurs carreaux de 1,20 m de large sur une longueur indifférente. L’idéal est de surélever cette surface, par butée au-dessus des sillons, afin de faciliter le drainage et de permettre un passage qui peut être matérialisé. Le potager peut aussi être entouré de planches en bois ou de bambous coupés juxtaposés si vous souhaitez l’isoler du jardin d’agrément.
« Je conseille souvent de laisser le potager au sein du jardin, dans un massif car il entre aussi dans la décoration » relève M. Ismaël.

n° 49 du 22/04/2010