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Jardin : le potager
Le coin du potager
Du potager à l’assiette, il y a un tout petit pas que franchissent allégrement de nombreux amateurs de légumes en provenance du jardin.
Quelques pieds de tomates et de salade, des brins de cives au naturel améliorent l’ordinaire. La mini culture conjugue le plaisir de faire pousser soi-même les plantes et le goût succulent du « fait maison ». La passion est souvent familiale car les enfants adorent semer, planter et… récolter. « Les gens font eux-mêmes leur potager même s’il y a une demande en ce sens envers les professionnels » explique Camille Ismaël, entrepreneur paysagiste. L’affaire de la chloredécone est une incitation supplémentaire à biner, sarcler et cueillir les fruits « bio » de ses efforts.
Isolé ou en massif
On peut s’amuser à se lancer, armé de temps et
de patience. De nombreux ouvrages donnent
des pistes pour réussir un potager. Mais sans véritable
connaissance du terrain et des besoins des
cultivars, vos efforts risquent bien d’être ruinés.
D’abord la technique. Selon la surface du terrain
disponible, il faut délimiter un coin potager
de plusieurs carreaux de 1,20 m de large sur
une longueur indifférente. L’idéal est de surélever
cette surface, par butée au-dessus des sillons,
afin de faciliter le drainage et de permettre un
passage qui peut être matérialisé. Le potager peut
aussi être entouré de planches en bois ou de bambous
coupés juxtaposés si vous souhaitez l’isoler
du jardin d’agrément.
« Je conseille souvent de laisser le potager au sein
du jardin, dans un massif car il entre aussi dans
la décoration » relève M. Ismaël. Ainsi, tomates,
laitues et cives peuvent côtoyer un bouquet
d’alamandas vivaces sans paraître incongrues.
Terre acide et argileuse
Les cultures ont aussi leur préférence : elles se
développent facilement dans une terre adéquate
mais résistent lorsque le sol n’est pas adapté. Les
amendements sont toujours nécessaires pour
l’équilibre de leurs besoins. L’amélioration de la
structure du sol a une grande importance avant
de semer ou de repiquer les semis.
En Basse-terre, zone où la terre est argileuse, pauvre
en calcium, des apports de tuf, de chaux, etc.
seront nécessaires. En Grande-Terre, les sols
argileux compacts réclament un complément
de sable. Le tout est de disposer d’un bon système
d’arrosage, et d’irriguer avant le lever du
soleil ou tard le soir. A ces amendements, « il
convient d’ajouter du fumier, du compost issu des
résidus des tontes de gazon, voire de la bouse pour
équilibrer la matière organique du sol » conseille
M. Ismaël.
Protection du soleil et des bestioles
Certaines cultures ont besoin, pour démarrer,
d’être à l’abri du vent et du soleil avant d’être
exposées à l’air libre. En particulier si les jeunes
pousses et les semis proviennent de serres.
Une ombrière sera la bienvenue. Elle peut être
réalisée dans des palmes de cocotiers saines ou
achetée dans le commerce, certaines de ces toiles
faisant filtrer 50 à 80% de la lumière.
Il faut également surveiller les bestioles dévastatrices
: fourmis manioc et escargots s’en donnent
à coeur joie dans les sillons. Des produits
bio peuvent les empêcher de nuire sans les éliminer.
Les plantes elles-mêmes constituent de
sérieux remparts aux infestations : la lutte intégrée
consiste à choisir la plante qui résistera
naturellement à l’agression des insectes. D’autres
plantes repoussent naturellement les animaux
comme la citronnelle dont il est recommandé
d’avoir un pied dans le jardin. Enfin, l’accouplement
de certaines plantes repousse les insectes.
Des mixtures naturelles à base de talc ou de
citronnelle éloignent aussi les indésirables, l’eau
savonneuse agissant, par exemple, contre les
parasites tels que pucerons ou cochenilles qui
pullulent.
n°32 du 27/11/08