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Immobilier : quelles perspectives ?
Pour les syndicats de professionnels, le marché des transactions ne connaît pas la crise en Guadeloupe.
Si le marché immobilier est sur la pente descendante
en métropole, les transactions ne semblent pas être
affectées en Guadeloupe, aux dires des professionnels.
Mais la transcription de la crise dans notre département
pourrait se traduire par un réajustement des prix.
A la juste valeur
Les soubresauts bancaires et leur déclinaison sur le
financement de la pierre sont toutefois suffisamment
préoccupants pour justifier une réunion qui s’est tenue
récemment entre confrères immobiliers.
« Nous n’avons pas ressenti de difficultés sur le volume
des transactions. Nous n’enregistrons pas de baisse : les
biens partent à leur juste valeur » fait remarquer Philippe
Clerc, secrétaire du Syndicat national des professions
immobilières (SNPI) Guadeloupe. Les vendeurs
qui surévaluent leur bien ont plus de mal
aujourd’hui à trouver preneur, ce qui conduit M.
Clerc à penser que « les gens vont plutôt passer par les
agences. »
M. Clerc met toutefois un bémol à l’optimisme. «
Notre seule inquiétude concerne la réaction des banques
locales à la crise. Au niveau de financement, les établissements
demandent un apport plus important qu’auparavant
» constate-t-il.
Sélection par la qualité
Même sentiment du côté de la Fédération nationale des
agents immobiliers (FNAIM). « Nous percevons peu de changements
» enchérit Philippe Le Fizelier, président de la Fnaim
Guadeloupe. « Nous sommes toujours en décalage par rapport
à la métropole et ce décalage est double : nous n’avons
pas le même marché, ni les mêmes banques » explique-t-il.
« Traditionnellement, cette époque est une période creuse, dominée
par les locations. Celles-ci sont liées aux mutations : cette
situation est totalement étrangère à un marché national de
crise.
Nous avons toujours autant de contacts, de visites, de compromis,
de demandes de prêts et de banquiers pour les financer.
Mais ce sont les banquiers qui attendent les clients ! En
outre, on constate que le niveau des taux se rapproche de celui
de la métropole. C’est une chance. »
Selon la FNAIM, la demande de la clientèle demeure
forte. « Une masse d’acquéreurs existe dans l’ancien comme
dans le neuf. La Guadeloupe se différencie également par un
marché spécifique d’investisseurs, composés de gens du troisième
ou du quatrième âge, qui veulent profiter de leurs économies. »
Le niveau des prix peut-il alors se maintenir ? « Dans tous
les cas, ils vont baisser » analyse Philippe le Fizelier. « Les biens
ont augmenté de façon hétérogène mais pas forcément en rapport
avec la qualité. Les produits de qualité resteront à un
bon niveau, mais les critères de fixation des prix seront plus
rationnels. La sélection va se faire par la qualité. »
n°31 30/10/08