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Immobilier : lente reprise
Depuis un an, le dynamisme de l’activité immobilière marque le pas, en particulier dans le neuf. La reprise est plus ou moins marquée selon les secteurs géographiques.
Le marché de l’immobilier a perdu de sa vitalité. En cause
: la crise sociale qui a freiné les velléités des acquéreurs et
amplifié les effets de la crise mondiale. De nombreux biens
ont été mis en location tandis que les transactions sont grippées.
Un an après, le volume des transactions a fléchi, les
prix se sont rétractés mais les biens de qualités ont toujours
la cote.
Petits budgets
Selon Stéphane Bohera, gérant d’une jeune agence à Jarry,
les ventes reprennent un peu dans la région pointoise mais
elles se réalisent principalement dans l’ancien, plutôt sur des
appartements. « Le choix de la clientèle se porte sur de petits
produits, de l’ordre de 150 000 euros, du fait du prix du mètre
carré élevé et de l’accès au crédit plus difficile » souligne Stéphane
Bohera qui note une tendance à l’attentisme du côté
des investisseurs mais veut croire à la reprise.
Investisseurs sur la réserve
Pour Philippe Hureau, gérant d’un groupe immobilier
multi activités, la conjoncture défavorable est accentuée par
la fin d’un cycle de défiscalisations qui a bénéficié au secteur
immobilier ces quinze dernières années. « Le marché
du neuf est le plus touché. Même si le climat social s’est apaisé,
l’incertitude liée à la crise financière pèse sur les projets, et la
nouvelle loi de défiscalisation Scellier, en métropole, est pénalisante
car elle favorise davantage l’investissement de proximité
que dans nos régions. Ce cumul explique la réserve des investisseurs
et promoteurs » analyse M. Hureau ajoutant que les
projets de lotissements doivent être en phase avec un marché
actif.
Saint-François pénalisé
En Guadeloupe, il y a justement deux marchés distincts :
celuide la région pointoise où la zone d’activité draine des besoins
de logements et exerce une tension sur le marché, et celui de la
zone touristique, en particulier le secteur de Saint-François. Le
malaise engendré par la longue grève de 2009 a émoussé la
confiance et la sérénité d’une clientèle spécifique. « La crise
sociale a été catastrophique pour l’image de la Guadeloupe »admet
Jocelyne Tiba, dont l’agence est implantée à Saint-François.
« La clientèle, à 95% métropolitaine, a freiné ses investissements.
Ce sont des gens qui passent plusieurs mois ici depuis 20 à 25 ans,
qui consomment énormément, et qui envisageaient d’acheter pour
s’installer au moment de la retraite. Aujourd’hui, ces gens préfèrent
continuer à louer plutôt que d’investir. Une grande partie a
abandonné ce projet. » A Saint-Martin, la situation est plus florissante.
Le climat social va conditionner les décisions des investisseurs
mais également la pérennité des acteurs du logement. La profession
immobilière, qui a lourdement investi ces dernières années,
a été touchée en pleine euphorie, et doit son maintien
aujourd’hui à la diversification de ses activités.
n° 47 du 25/02/2010