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Immobilier : l’attente

Après un mois sans activité, les agents immobiliers sont dans l’expectative.



Comme dans d’autres secteurs, l’activité immobilière a lourdement souffert de la longue grève. « D’une façon générale, les établissements ont fermé ou ouvert entre deux portes. Beaucoup d’agences ont dû fermer. Les services de gestion ont travaillé, en interne, quand ils ont pu se déplacer » explique Philippe Le Fizelier, président départemental de la Fnaim.


Une « mauvaise » année
Pour l’heure, les agences sont dans l’impossibilité d’établir un bilan fiable. Quelques-unes seraient en grave difficulté. Une chose est sûre, l’année sera « mauvaise » pour tout le monde. « Par rapport à l’an dernier, j’ai réalisé 1/12e de mon chiffre d’affaires sur Saint-François » détaille le professionnel.
Pour Philippe Clerc, secrétaire du SNPI, « les ventes ont ralenti et il était difficile de travailler, en particulier dans le domaine des locations. Les gens n’ont pas pu rentrer dans leur logement, faute d’essence et parce qu’il était impossible d’avoir accès aux services d’eau et d’électricité pour faire ouvrir les compteurs ».
Si le volume des transactions accuse un zéro pointé, le volume des locations est sur une pente ascendante. « Nous avons enregistré davantage de préavis en cette période qu’à l’accoutumée. En général, les départs sont concentrés sur le mois de juin, au moment des mutations professionnelles » constate Alexandre, négociateur immobilier.
Reste que la situation explosive a généré un mouvement de panique. « Des personnes fortement engagées, qui ont investi récemment, veulent tout vendre. D’autres, avec ou sans attache, vont repartir » précise M.Le Fizelier. « Les gens qui avaient la volonté d’investir vont attendre de voir comment évolue la situation » modère Alexandre.

L’heure de vérité
Les agents sont donc dans l’attente des mouvements du marché. Un agent explique qu’il y a de nombreux biens à la vente mais pas d’acquéreurs. « Dans quelques semaines, nous serons fixés pour savoir si la tendance est plutôt à la vente et à la baisse des prix ou si elle est à l’achat » résume Philippe Le Fizelier. La mise en location de biens que les propriétaires ne peuvent pas vendre au prix demandé est une autre hypothèse. « Les gens n’ont toujours pas compris qu’il fallait qu’ils cassent leur prix » s’agace Philippe Le Fizelier. « Moins c’est cher et plus c’est facile de vendre. Ce ne sont pas les agents qui font augmenter les prix : ils ont tout intérêt à ce que la transaction ait lieu. Lorsque les prix reflètent ceux du marché, les biens se vendent  » martèle le responsable fédéral.
Reste que si la Guadeloupe a réchappé, en 2008, à la crise immobilière qui a lourdement frappé la métropole, les mois à venir augurent de nouvelles difficultés pour la profession.
La disparition progressive de la loi Girardin, programmée depuis un an, a douché les velléités des investisseurs privés. Et la loi Scellier, une loi Girardin bis d’investissement locatif en métropole, risque de les détourner des îles.

n°36 du 26 mars 2009