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Immobilier : des signes de reprise



Comment va le marché de l’immobilier ? Grippé après la crise sociale, le secteur se refait tout doucement une santé en terme de transactions, les prix restant toutefois inférieurs de 15 à 20% de ceux pratiqués durant les années fastes.

Avec la crise, la situation florissante d’un secteur traditionnellement bien portant s’est détériorée. Jusqu’alors dopé par les défiscalisations successives Paul et Girardin, l’immobilier a accusé une décroissance du volume des affaires de 30 à 40%. Cette baisse est d’ailleurs inégalement répartie selon les secteurs géographiques. Saint François, pôle touristique souffre, par exemple, davantage de la désaffection des acquéreurs que le secteur en mouvement de Sainte-Rose. Dans la périphérie pointoise, proche des activités, la demande de logements est toujours beaucoup plus importante qu’ailleurs.

Frémissement
La longue grève du premier trimestre 2009 a entamé la confiance des investisseurs et des acquéreurs potentiels. « Beaucoup ont quitté le département et mis leur logement en vente ou en location » témoigne Philippe Le Fizelier. Le président de la FNAIM Guadeloupe avance prudemment : « on sent aujourd’hui un léger sursaut ».Au reste, les représentants de la profession immobilière sont unanimes à ressentir un « frémissement ». Le SNPI constate des « signes encourageants » de reprise de l’activité tandis que « sur un marché plus tendu », M. Léoncédis, président de la FNAIM Antilles- Guyane, atteste de l’intérêt un peu plus soutenu des acquéreurs potentiels. D’une même voix, tous affirment également qu’un nouveau conflit annihilerait ces promesses d’embellie, le retour à la confiance étant intimement lié à la stabilité sociale et économique de l’île.

Acquéreurs plus exigeants
Cette amélioration est assortie d’une baisse des prix significative. Les biens en vente, plus nombreux, restent plus longtemps en agence. Les prix jusqu’alors pratiqués, parfois fantaisistes, sont âprement négociés par des acquéreurs, aux prises avec des conditions de crédit plus difficiles, devenus plus pragmatiques et plus exigeants. «  Le marché s’assainit sur une base qualitative. Un bien de qualité a toujours une valeur » concède M. Le Fizelier. Selon M. Léoncédis, « la période est un peu plus difficile pour les propriétaires. La décision est un peu plus lente car l’exigence des acquéreurs sur les prix, jugés encore élevés, est plus ferme mais la volonté d’acheter existe ».
Au-delà de 300 000 euros les biens ont du mal à se vendre. L’époque où les transactions se traduisaient par d’épaisses plus-values en un temps record serait révolue. En ce sens, un appel à la raison émane aujourd’hui de toute la profession.

n° 43 du 29/10/09