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Acheter et se loger
PACS : et si on achetait à deux ?
En matière de patrimoine, acheter en commun ou séparément n’a pas la même portée pour deux partenaires liés par un Pacte Civil de Solidarité (Pacs).
Alternative au mariage et au concubinage, le Pacs représente
aujourd’hui le quart des unions. Diverses dispositions législatives
(loi du 23 juin 2006 et loi du 21 août 2007) ont assoupli
les règles de la vie à deux de ce statut fort prisé en accordant
de nouveaux droits ( et de nouveaux devoirs) aux
personnes Pacsés, proches de ceux des couples mariés. Mais
des différences sont encore notables en matière de patrimoine
et de transmission.
Les partenaires pacsés étant étrangers l’un à l’autre, lors d’un
achat immobilier, ils doivent donc choisir le cadre de leur
convention.
Séparation de biens ou indivision ?
Acheter un bien immobilier dans le cadre d’un Pacs, c’est décider
si l’on achète en commun ou séparément.
La loi du 23 juin 2006 a modifié le régime de propriété du
Pacs, les partenaires étant placés sous le régime de la séparation
de biens. En l’absence de dispositions contraires dans la
convention de Pacs, chacun des partenaires conserve donc la
gestion et la disposition de tous biens reçus ou acquis à titre
personnel. Chacun des partenaires conserve la pleine propriété
de ses biens personnels possédés avant la conclusion du PACS.
Chacun des deux peut prouver par tous les moyens qu’il a la
propriété exclusive d’un bien. Sans ce justificatif, les biens sont
réputés leur appartenir à chacun pour moitié.
Dans la convention, les partenaires peuvent aussi choisir de
soumettre au régime de l’indivision spécifique au Pacs les biens
qu’ils acquièrent, ensemble ou séparément, à compter de l’enregistrement
de cette convention. Les biens appartiennent alors
pour moitié à chacun et le partenaire qui paierait plus de la
moitié du bien ne pourrait prétendre au remboursement de
cette part auprès de son partenaire en cas de séparation.
En vertu de ces subtilités, les conseils d’un notaire ne sont pas
superflus pour trouver la meilleure formule.
Droits de succession supprimés
Les couples pacsés n’étant pas héritiers l’un de l’autre, s’ils souhaitent
que le bien soit conservé par le partenaire survivant,
deux possibilités sont offertes :
- la rédaction d’une convention d’indivision permettant au
partenaire de se faire attribuer la quote-part du défunt, moyennant
finance ;
-l’établissement d’un testament par chacun d’eux, et indépendamment
de la convention de PACS, notamment pour se
léguer l’usufruit de leur part respective.
Le Pacs présente un intérêt fiscal plus attractif depuis la
réforme des successions, celle-ci permettant au partenaire survivant
d’un Pacs, comme au conjoint survivant, d’être exonéré
de droits de succession sur la part non imposable de la
succession au profit des enfants.
En outre, le partenaire survivant bénéficie d’un droit d’occupation
gratuite pendant un an du logement constituant sa
résidence principale. Dans ce délai, il conserve la jouissance
du mobilier garnissant le logement.
Concernant les donations, l’abattement (revalorisé chaque
année) pour les personnes pacsées est aligné sur celui qui est
consenti aux époux, soit 76 988 euros au 1er janvier 2008.
(Plus d’infos sur www.service-public.fr)
n°32 du 27/11/08